France
Présidentielles 2027: La course pour un candidat du centre déborde sur sa droite
Confrontés aux sondages prédisant un second tour entre la gauche et l’extrême droite, les candidats du centre et de la droite se cherchent encore un favori. La piste Édouard Philippe, qui dominait les enquêtes d’opinions face à son principal opposant, Gabriel Attal, pourrait se refermer.
Le maire du Le Havre Edouard Philippe (g.) rejette l’idée de Gabriel Attal (Renaissance) pour une primaire du camp centre droite Photo: Thomas Samson/AFP
La proposition du candidat Renaissance, Gabriel Attal, d’organiser une primaire des démocrates fait l’effet d’un pavé dans la mare de la campagne Édouard Philippe, Horizons. L’idée de cette primaire viserait à réunir tous les candidats qui „partagent un certain nombre de valeurs“, explique Gabriel Attal sur TF1 le mercredi 28 octobre. L’autorité, la laïcité, la lutte contre la discrimination, la compétitivité et l’Europe sont les „valeurs“ centrales qu’évoque le candidat Renaissance sur le plateau du journal de 20 heures. Jusqu’ici, la campagne du candidat de 37 ans était en difficulté. L’opération des „1.000 bistrots“, visant à „échanger avec des Français“ grâce à des rencontres organisées dans des bistrots, est un échec au vu de la fréquentation. Cette proposition oblige son adversaire à choisir entre le refus du débat et la mise en péril de sa candidature.
En leader des sondages pour son camp politique, Edouard Philippe s’oppose à l’idée d’une „primaire de la division“. Le candidat Horizons souhaite y couper court et répond sur le plateau de TF1, le dimanche 1er novembre. „Cette primaire n’aura pas lieu“, indique le maire du Havre qui souhaite que les Français „travaillent plus pour gagner plus“. Le Premier ministre qui gouvernait lors des trois premières années de la macronie rejette également son passé politique. Sur le plateau de la chaîne privée, il associe Gabriel Attal à un „continuateur du macronisme“.
Cette primaire n’aura pas lieu
Édouard Philippe
candidat Horizons
Dès le lendemain matin, encore une fois sur TF1, Gabriel Attal rebondit sur les propos de son opposant. Il affirme que cette primaire permettrait surtout de „rassembler“ face à la „catastrophe“ que serait un second tour entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. „Les Français ne veulent pas de ce scénario“, explique le candidat qui pourrait même organiser une primaire sans Édouard Philippe.
Plus à droite, Bruno Retailleau, candidat Les Républicains, n’est pas opposé à l’idée d’une primaire. Même si une primaire sans le leader des sondages ne serait pas envisageable, le candidat de la droite estime qu'Édouard Philippe sera „contraint à un moment ou un autre de l’accepter“. Invité sur BFMTV le mardi 3 novembre, il indique que cette primaire aurait lieu en début d’année. Deux jours plus tard, au salon Euronaval, le Vendéen se montre confiant quant aux chances d’une victoire. „Les héritiers du macronisme“ n’auraient aucune chance selon le patron des Républicains. À défaut d’une primaire, il propose d’organiser trois débats télévisés afin de confronter les idées et pour „éclairer les Français“ sur leurs différences.
L’union fait la force
L’étendue de cette primaire nécessite également de l’éclaircissement. L’Agence France Presse rapporte que le président de la République souhaiterait que cette primaire puisse s’étendre de Raphaël Glucksmann, Parti Socialiste, jusqu’à l’admirateur de l’Argentin Javier Milei, David Lisnard de Nouvelle Énergie. Ce dernier poussait déjà pour une „primaire de la droite“ mais visait par là les candidats à sa droite plutôt que le bloc central. „Ce qui unit Lisnard à Glucksmann est plus fort que ce qui divise“, confie un interlocuteur de l’Elysée à l’AFP. De son côté, le camp de Raphaël Glucksmann, qui vient de remporter une primaire, ne se „sent pas concerné“ par cette proposition.
Mettre de côté les divisions pour se rallier derrière un candidat unique est donc le souhait d’une partie du bloc central. Même si Édouard Philippe veut s’imposer comme „candidat naturel“, une période de débat devra se mettre en place afin de connaître les nuances qui départagent le centre et la droite. L’épouvantail „des extrêmes“ reste mobilisateur pour les électeurs de droite qui veulent à tout prix éviter un second tour entre La France insoumise et le Rassemblement national. Si ce scénario se réalise, cet électorat aura la clé pour choisir le vainqueur des présidentielles. Lors des dernières élections de 2022 et 2017, la gauche a dû se faire violence en votant pour Emmanuel Macron. La question se pose de savoir si l’électorat macroniste sera capable de renvoyer la faveur et de respecter le barrage démocratique. L’issue de cette primaire permettra donc de mieux juger leur positionnement. Une victoire de Bruno Retailleau ou David Lisnard confirmerait un rapprochement idéologique avec l’extrême droite.
Lesen Sie auch