L’Elysée garde le silence
Malgré un week-end plus calme, la semaine s’annonce très chargée pour Lecornu
Les manifestations de samedi se sont finalement mieux déroulées que l’on ne le craignait à la Préfecture de police, en dépit de la menace qui avait été brandie par des groupes de jeunes de jouer sur la célébration de Halloween pour ajouter à la violence et à la confusion, et de différents accrochages tardifs entre casseurs et forces de l’ordre. Mais la semaine qui s’ouvre aujourd’hui s’annonce très chargée en épreuves pour le premier ministre.
Les porte-paroles des syndicats étudiants Manon Moret (g.), Sabrine Kharbach (c.) et Suzanne Nijdam (d.) ont de nouveau mené les cortèges de protestation ce week-end Photo: AFP
On avait annoncé à cor et à cris „le samedi de tous les dangers“ pour avant-hier, avec encore tous les risques qu’une aussi sombre perspective pouvait comporter pour hier: les faits n’ont pas corroboré ce pronostic, tant s’en faut. Et le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez a pu déclarer, samedi soir, que les cortèges syndicaux et lycéens avaient pu défiler dans le calme, même si des troubles sporadiques, quoique sans commune mesure avec ceux du 14 et même du 21 octobre, avaient éclaté lors de dislocations des manifestations syndicales ou lycéennes.
Et cela, a-t-il ajouté, „du fait de petits groupes généralement liés à l’ultra-gauche et ne reculant pas devant l’extrême violence, avec parfois l’intention de tuer.“ Allusion, en particulier, au fait qu’un engin incendiaire avait été lancé en tir tendu contre des gendarmes, dont plusieurs ont été atteints, l’un d’eux souffrant de brûlures qui, s’il n’avait pas été aussitôt pris en charge, l’uniforme enflammé, auraient pu devenir mortelles. Au total, encore une quarantaine de magasins, sur l’ensemble de la France, ont été saccagés et/ou pillés: c’est encore beaucoup, certes, mais sans comparaison avec les quelque 2.500 du 17 octobre.