L’histoire du temps présent
Jeunesse Esch: L’entraîneur oublié Max Gold (première partie)
„Faire œuvre d’historien ne signifie pas savoir ‚comment les choses se sont réellement passées‘. Cela signifie s’emparer d’un souvenir, tel qu’il surgit, à l’instant du danger. (...) À chaque époque, il faut arracher de nouveau la tradition, ce qui est transmis à la postérité, au conformisme qui est sur le point de la subjuguer. (...) Le don d’attiser dans le passé l’étincelle de l’espérance n’appartient qu’à l’historiographe intimement persuadé que, si l’ennemi triomphe, même les morts ne seront pas en sécurité. Et cet ennemi n’a pas fini de triompher.“
L’équipe du Hakoah pose sur un toit à Chicago en 1926. Max Gold (assis, 5e de g.), Bela Guttmann (debout 1er de dr.), Max Häusler (debout 6e de dr.). Photo: Jüdisches Museum Wien, Albums Hakoah/Max Gold. Inventarnummer 13796.
C’est l’intellectuel juif allemand Walter Benjamin qui rédige au printemps 1940 ces réflexions „sur le concept d’histoire“. Ce philosophe s’était dressé contre le nationalisme et le fascisme, contre le national-socialisme qui l’a persécuté, l’a obligé à fuir sa patrie et l’a poussé au suicide en septembre 1940.
Ma deuxième conférence sur l’histoire de la Jeunesse Esch pendant la Seconde Guerre mondiale, tenue le 25 novembre 2025 à la buvette du Stade de la Frontière, partait de la nécessité de raconter une de ces histoires oubliées. L’histoire d’un joueur de football des années 1920, d’un entraîneur au parcours international qui en 1938 a dû quitter son pays natal, l’Autriche, annexée par l’Allemagne nazie. Il a dû fuir les persécutions par les nazis qui le définissaient comme „Juif“ en vertu des lois raciales de Nuremberg promulguées en 1935. Je parle de Max Gold, entraîneur de la Jeunesse Esch en 1938/1939, déjà présenté lors de ma première conférence sur la tournée de la Jeunesse Esch en Lituanie et en Pologne de juin 1939.