France

Le RN se dit prêt à voter la censure du gouvernement Barnier sur le budget

Les périls s’accumulent décidément pour le gouvernement de Michel Barnier. Aux variées de la colère paysanne face au risque que ferait peser, selon les syndicats agricoles, un accord de libre échange entre l’UE et le Mercosur, s’ajoutent les menaces de grèves à la SNCF; en principe contre la division du secteur des marchandises en plusieurs entités, en fait aussi, voire surtout, pour arracher de nouvelles augmentations de salaires. Et puis, dernière menace en date: le RN pourrait bien, finalement, voter la prochaine motion de censure.

La présidente du groupe parlementaire Rassemblement national, Marine Le Pen, pourrait faire tomber le gouvernement de Michel Barnier

La présidente du groupe parlementaire Rassemblement national, Marine Le Pen, pourrait faire tomber le gouvernement de Michel Barnier Photo: Stéphane de Sakutin/AFP

C’est Marine Le Pen elle-même qui l’a annoncé hier matin sur RTL en ces termes: „Nous n’accepterons pas que le pouvoir d’achat des Français soit encore amputé par le budget de 2025. C’est une ligne rouge, et si elle est dépassée, nous voterons la censure.“ Et Mme Le Pen, qui comme tous les présidents de groupes parlementaires a été conviée à une consultation générale à Matignon, de poursuivre: „Pour l’instant, nous n’avons été ni entendus, ni écoutés. Je vais dire au premier ministre que l’augmentation de 6 milliards qu’il envisage sur le prix de l’électricité est inadmissible pour nous. Et que le fait de ne pas faire d’économies sur le fonctionnement de l’État est lui aussi inadmissible. Tout comme le fait de taper sur les entreprises.“

Cela fait plusieurs jours qu’à travers différentes déclarations des cadres du Rassemblement national, ce changement de stratégie semblait s’amorcer. Jusqu’à présent en effet, la formation d’extrême droite, qui détient le plus important groupe de députés au Palais-Bourbon, jouait, si ce n’est la conciliation, du moins la patience, une forme d’attentisme. Avec le souci de ne pas apparaître, contrairement à la gauche, et tout particulièrement à La France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon, figé dans une opposition systématique et irréductible – toujours, sans doute, pour poursuivre sa campagne de dédiabolisation. Comment ce brusque changement de pied s’explique-t-il, alors que le RN n’a, semble-t-il, rien à gagner dans l’immédiat à accroître encore la période d’incertitude politique, économique et sociale actuelle? On peut y voir au moins trois raisons.

Le gouvernement tombera entre le 15 le 21 décembre!

Jean-Luc Mélenchon

La première est qu’il devient de plus en plus évident – malgré quelques reculades en faveur des retraités ou des départements notamment, qui ne font guère honneur à la fermeté de ses engagements – que les économies budgétaires que veut faire M. Barnier sont bien davantage recherchées dans de nouveaux impôts, des réductions de prestations sociales ou des hausses des tarifs publics, que dans une réduction des dépenses de l’Etat. Et que, de ce fait, les électeurs lepénistes doivent manifester auprès de leurs députés et des autres cadres du parti leur incompréhension devant la mansuétude dont ils s’imposent de faire preuve à l’égard du pouvoir. M. Mélenchon, quant à lui, ne semble d’ailleurs pas douter du résultat de cette convergence parlementaire possible entre le RN et la gauche: „Le gouvernement Barnier tombera entre le 15 et le 21 décembre!“, croit-il savoir.

Que demande Marine Le Pen?

En second lieu, la façon dont Laurent Wauquiez, président du groupe LR à l’Assemblée nationale, est venu expliquer à la télévision, en lieu et place du ministre concerné, voire du premier d’entre eux, que grâce à lui et ses amis politiques le blocage des retraites allait être décalé dans le temps (ce qui a été officiellement confirmé) a pu donner des idées au RN. Sur le thème: Et si nous trouvions, nous aussi, quelque renonciation ou aménagement à arracher au premier ministre, pour notre plus grand bénéfice?

Enfin, on ne peut que remarquer que Marine Le Pen aura attendu que des réquisitions très sévères soient prononcées contre elle dans l’affaire des emplois fictifs des assistants parlementaires européens de son parti (voir Tageblatt du 15 novembre) pour menacer le gouvernement d’un vote de la motion de censure qui ne manquera pas de suivre son très probable engagement de responsabilité, à propos du budget toujours. Comme si elle cherchait à venger indirectement l’injustice (potentielle, puisque le jugement n’a pas encore été rendu) qui lui a selon elle été faite.

Voire à convaincre le gouvernement, en une sorte de donnant-donnant, qu’il devrait tout mettre en œuvre pour qu’elle échappe, au moins, à l’inéligibilité qui la menace. Mais ce serait prêter à cette ancienne avocate une bien piètre opinion de l’indépendance de la Justice.

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