Prise de Position

Réaction de la Commission nationale d’éthique après l’interview avec Reinhard Merkel

Après la publication de l’interview avec Reinhard Merkel dans l’édition du Tageblatt du 8 avril, la Commission nationale d’éthique nous a envoyé sa prise de position pour publication.

Afin de rendre justice à la formation de l’opinion, le Tageblatt publie une réplique des personnes concernées.

Afin de rendre justice à la formation de l’opinion, le Tageblatt publie une réplique des personnes concernées. Foto: Archiv / Editpress

Monsieur le Rédacteur en chef,
Nous venons de prendre connaissance d'une interview de M. Reinhard Merkel publiée dans le Tageblatt du 9 avril 2020. M. Merkel y commente les „Repères éthiques essentiels lors de l’orientation des patients dans un contexte de limitation des ressources thérapeutiques“ publiés par la Commission nationale d’éthique (CNE).

La contribution de M. Merkel est une réflexion pertinente et bienvenue sur le sujet difficile dont la
CNE s'est saisie dans l'urgence dictée par la crise du Covid-19. Nous tenons cependant à remarquer que M. Merkel a mal interprété une des réflexions centrales de la CNE. Il s’agit plus précisément du paragraphe de la prise de position de la CNE qui dit: „L’évaluation de l’état général de santé du patient de même que le pronostic individuel de survie et de santé à court et à moyen terme sont des critères essentiels pour guider les choix thérapeutiques, notamment en cas de limitation de moyens. La prise en compte de l’état de santé à moyen terme inclut l’évaluation des risques de séquelles de réanimation.“ Ces lignes, ensemble avec la proscription de toute discrimination par l'âge, doivent amener à exclure toute entrée de l'espérance de vie d'un patient dans les critères de distinction.

Par la formule „pronostic individuel de survie et de santé à court et à moyen terme“, nous tentions, justement, d'éviter la confusion entre l'espérance de vie en l’absence de maladie et les chances de survie à la suite de la maladie et/ou d'un traitement hautement invasif. Le „moyen terme“ s'oppose ici, précisément, à des calculs à plus long terme sur base de l'espérance de vie moyenne des personnes plus âgées. Ainsi, en cas de choix nécessaire, l’âge et l’espérance de vie ne sont justement pas des critères de triage, mais bien l’état clinique du patient malade avec le pronostic espéré y attaché. Notons ici que la prise de position de la CNE ne discute – à aucun moment – le concept de l’espérance de vie dans le contexte du Covid-19.

Ainsi, lorsque M. Merkel avance l’interprétation suivante: „Was im Klartext hier steht, ist, dass die Lebenserwartung der Patienten auch nach einer erfolgreichen Intensivbehandlung zu berücksichtigen sei und gegebenenfalls zum Ausschluss von der Behandlung führen solle“, il interprète de façon erronée la prise de position de la CNE. Je vous communique cette clarification au nom des membres de la CNE., non pas pour entrer dans quelconque polémique qui serait aussi stérile que déplacée dans un contexte si douloureux, mais parce qu'il est crucial que la prise de position de la CNE ne reste pas mal interprétée sur un point si essentiel. J’estime aussi que M. Merkel lui-même sera rassuré, par présente rectification, de la pensée réelle des auteurs de la prise de position. Aussi vous saurai-je gré de donner à la présente la place qu’elle mérite dans vos colonnes, et ce pour ne pas laisser en erreur vos lecteurs.

Pour la CNE, J.-S. Bausch, présidente

* Note de la rédaction: Après l’envoi de la prise de position, la CNE n’a pas accordé une demande d’interview du Tageblatt. 

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