Leserforum
A toute nation sa migration!
Le soleil se lève, tu veux vivre ton rêve, le destin, sans scrupules, t’impose son module. Ces mots pourraient être ceux de beaucoup d’entre nous. Mais, à défaut de choisir son destin, on peut toujours choisir la manière dont on traite les autres. Parce que la vie n’est pas une cour de récréation, c’est la rue, avec toute sa cruauté et tout son mépris.
Dans ce contexte, chaque jour apporte son lot: essaims de drones, raffineries en flammes, lignes de front mouvantes, infrastructures détruites. Nous n’avons pas non plus été épargnés: récemment, quelques drones au-dessus du Findel ont paralysé tout le trafic aérien. En comparaison des vagues de drones qui frappent l’Ukraine chaque nuit, cela semble dérisoire. Pourtant, jour après jour, les mêmes images saturent nos écrans, racontent la même histoire: fronts, gains de terrain, chaos économique. Ce faisant, nous passons à côté du véritable champ de bataille: nous-mêmes.
Chez nos voisins, à Paris, Marseille ou Lyon, le quotidien est secoué par des violences en marge de manifestations. On pourrait croire que l’opinion n’a momentanément rien d’autre à faire que de s’en prendre à la question migratoire. Surtout en ce moment. Mais la vérité oblige à poser une question cruciale: quand tant de choses partent à la dérive, certains veulent-ils encore faire partie de la communauté qui les accueille, ou préféreraient-ils vivre selon d’autres règles, hors de nos valeurs?
On nous dit maintenant qu’il faudrait prendre la France de ces derniers jours comme modèle. Quel affront. Comment une telle horreur, quel que soit le camp, serait-elle exemplaire pour l’Europe? Comment peut-on qualifier d’exemplaire ce qui a plongé toute une nation dans la stupeur, notamment lors des événements du 17 octobre?
On nous explique qu’il faut rassembler des organisations pour que cela ne se reproduise plus. Mais où sont les pensées pour les forces de l’ordre, les secours, les restaurateurs et les commerçants qui ont perdu leur gagne-pain? Que reste-t-il d’exemplaire dans des incendies, des voitures en flammes, des jeux du chat et de la souris entre la police et de prétendus mineurs isolés, le tout attisé par une gauche radicale qui souffle sur les braises? De 550.000 à 800.000 personnes ont manifesté dans tout le pays! Dès le début de l’après-midi, la situation a dégénéré dans plusieurs villes: affrontements avec les forces de l’ordre, commerces pillés, mairies de Limoges et de Bordeaux attaquées, et l’Office de tourisme de Lyon a été incendié. Que dit le gouvernement? Selon les propos de Sébastien Lecornu rapportés par Europe 1 le 17 octobre 2026, les violences auraient été d’une extrême intensité. Elles auraient été commises par plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de vandales, très explicitement instigués par des groupes d’ultragauche, dans plusieurs villes de France. Rien de tout cela n’est exemplaire, à moins de vouloir regarder l’Europe brûler.
La question de l’immigration mérite, elle aussi, un débat exigeant, sans amalgames ni complaisance: ceux qui cherchent refuge ou souhaitent construire leur vie parmi nous doivent être considérés avec dignité. L’accueil implique aussi le respect des lois et des règles de la vie commune. Ceux qui pillent, brûlent ou agressent doivent répondre de leurs actes, qu’ils soient nés ici ou ailleurs. Ce n’est pas une question d’origine, c’est une question de comportement: les mêmes droits et les mêmes devoirs doivent valoir pour tous.
Derrière cette succession d’images violentes, nous passons à côté du vrai défi de notre siècle: l’humanité se comporte en maîtresse absolue du monde! Malgré deux guerres mondiales et 359 conflits politiques recensés dans le monde, dont 221 violents, nous continuons de croire que les ressources sont inépuisables.
Dans le contexte géopolitique actuel, marqué par les guerres en Ukraine et au Proche-Orient, les tensions entre grandes puissances et la montée de nationalismes agressifs, sans céder à une vision apocalyptique du monde, nous devons prendre au sérieux les logiques de domination et de confrontation qui menacent la paix. Aucun intérêt national ne devrait nous faire oublier notre responsabilité envers l’humanité et la planète.
Les décisions et les discours de certains dirigeants semblent parfois privilégier le nationalisme, l’expansion et la confrontation au détriment d’une responsabilité planétaire. Ces tensions constituent-elles dès lors un risque sérieux pour la paix mondiale? Elles nous rappellent en tout cas que la préservation de la paix, comme celle de la Terre, exige lucidité, retenue et responsabilité collective.
A une existence ébranlée par la surconsommation et à un équilibre écologique d’une extrême fragilité s’ajoute une vulnérabilité technologique croissante: l’intelligence artificielle, les drones bon marché et les biotechnologies donnent aujourd’hui à de petits groupes les moyens de causer des dégâts considérables.
Pendant que dictateurs et stratèges se disputent quelques kilomètres carrés, nous perdons notre espace vital commun. La sécurité ne se réduit pas à des frontières ou à la puissance militaire. Une société n’est protégée que si son eau, ses sols et sa biodiversité le sont. Un mur de drones peut arrêter des chars, mais quel mur arrêtera la fonte des glaciers? Quelle défense antiaérienne abattra les sécheresses? A ceux qui gouvernent, le message est simple: vos frontières n’arrêteront pas les tempêtes. Vos calculs perdront toute valeur quand les bases mêmes du vivant disparaîtront.
Mon plaidoyer pour l’humilité, la responsabilité civique et la prise de conscience est d’une urgence vitale: cette Terre ne nous appartient pas, nous n’en sommes que les gardiens de passage. Une évidence qui devrait nous ramener à plus de retenue, alors que quelques dirigeants écervelés continuent d’agir en propriétaires d’un monde qu’ils croient inépuisable.
L’Histoire ne retiendra pas ceux qui ont gagné des guerres, mais ceux qui auront empêché l’humanité de se détruire elle-même.