Anthropologie des dancings de la „Grenz“
Pistes de danse et de réflexion
Après avoir étudié le milieu afro de la région parisienne pour l’obtention de sa thèse, l’anthropologue Laura Steil consacre désormais ses notes et ses entretiens à la compréhension de ce qu’aller au dancing à la „Grenz“ dans les années 60 voulait dire pour les danseurs et disait de la société.
S’agit-il du Viola, du Hein, du Bernardo, de l’Astoria? Laura Steil n’a pas encore réussi à identifier le lieu pris ici en photo par Marcel Schroeder © Photothèque de la Ville de Luxembourg
S’intéresser aux loisirs, au divertissement, c’est enquêter sur des activités qui ne sont pas considérées comme aussi centrales que le travail ou l’engagement social, mais qui sont pourtant vectrices de comportements et de valeurs révélateurs d’une société. Quand on s’intéresse en particulier aux danses populaires et aux enjeux qui entourent leur pratique, on découvre des lieux où peuvent se reconfigurer les normes et les interactions sociales, voire même des espaces d’ascension sociale que la société n’offre pas ailleurs. Les danseurs peuvent y gagner „un sentiment d’agentivité remplaçant une mobilité sociale plus objective“, comme l’observe Laura Steil dans son livre „Boucan“ (publié aux Presses universitaires du Midi en septembre 2021), au sujet de son exploration au long cours du milieu afro de la région parisienne.