Critique littéraire

Parce que vivre est une victoire sur rien: „Né sous Franco“ de Thierry Poyet

Le roman „Né sous Franco“ raconte l’histoire du psychiatre Pierre Martinez: un homme qui semble avoir réussi, mais dont la façade commence à s’effondre. Une critique.

Le général Franco en 1936: entre scandales d’Etat en Espagne et traumatismes familiaux, la vie ressemble à une pièce jetée au hasard

Le général Franco en 1936: entre scandales d’Etat en Espagne et traumatismes familiaux, la vie ressemble à une pièce jetée au hasard Photo: AP Photo/File

Articulé en 21 chapitres qui s’enchaînent fluidement, „Né sous Franco“ par Thierry Poyet démarre „in medias res“ par l’évocation, lors d’un déjeuner dominical, de tensions familiales entre Pierre Martinez et sa mère âgée de bientôt 80 ans, qu’il embrasse mécaniquement au moment de partir, alors que leur proximité est perdue. Le temps passé avec elle devient „pesant“ et „immobile“. Lui qui depuis l’enfance endosse le rôle du clown triste, „fils prodigue“ ou „frère maudit“ qui est le premier docteur en médecine de la famille, ce dont il tire un orgueil certain, ne comprend plus ni sa sœur envieuse ni sa mère manifestement névrosée. En outre, dans le „présent fantomatique“ qui est le sien, il est animé d’une conviction malsaine: avoir été joué par les uns et les autres. Contrairement à ses deux sœurs Catherine et Christine qui mènent, selon lui, une vie médiocre, Pierre se sent rattrapé par les années d’autrefois et en rupture avec le cadre familial sclérosant, se retrouvant confronté à la banalité de l’existence.

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