Critique littéraire
„Miss Mona“ de Tullio Forgiarini, ou: qui a peur des fachos?
Vingt-quatre ans après son initiale publication aux Éditions Baleine à Paris, le premier roman de Tullio Forgiarini est réédité par Hydre Éditions, permettant ainsi aux férus de littérature luxembourgeoise de redécouvrir, ou pour ceux qui comme moi n’étaient qu’à peine nés, de découvrir tout court – voilà tout l’enjeu d’une réédition – les débuts de l’univers forgiarinien; un polar ou roman de gare auto-conscient et -critique qui trouve tout autant d’échos aujourd’hui qu’il a dû en avoir (je ne puis le savoir), à l’époque.
L’écrivain Tullio Forgiarini Photo: Editpress/Julien Garroy
„Miss Mona“ s’ouvre sur une scène de crime, ou plutôt sur un texte fictif enchâssé, l’extrait d’un roman de gare avec un protagoniste au doux nom de Nick Tamair, quelques coups de feux suivis d’une fellation, page arrachée d’un livre et épinglée sur le sexe – enduit de pâte à tartiner chocolatée – de Charles-Marie Lépissier, professeur et intellectuel de renommée dont les textes sont discutés par toutes les grandes universités, mais qui là, au-delà d’être retrouvé dans une position saugrenue dans la salle de géographie, avec un caleçon et des chaussettes aux motifs de lapins qui forniquent, a la cervelle explosée qui colle partout sur la carte du monde derrière lui — si on n’appelle pas ça imposer ses idées au monde!