Art et science
L’intérêt renouvelé pour les photos de famille
Artistes, sociologues et historiens montrent un intérêt croissant pour les photos de famille qui racontent ce que les souvenirs et les archives ne peuvent pas dire, ou alors pas sans elles. Le projet éphémère Schmelz_archive à Luxembourg, l’exposition temporaire „En dilettante“ à Charleroi et le travail durable de La Conserverie à Metz démontrent cet intérêt pour les vies et photos ordinaires.
Autoportrait de Pieter Hoss, devant l’usine de Dudelange où il travaillait, début 1950 Photo: archives personnelles de la famille Hoss, conservées par Sonia Cruciani-Hoss
Des trésors d’histoires, de poésies, de gestes, qu’on rangerait mal sous le terme fourre-tout d’informations, sommeillent délicatement alignés dans des albums photos ou négligemment relégués dans des boîtes à chaussures. Ils suscitent la convoitise des collectionneurs, d’artistes et de scientifiques, qui y trouvent matière à réflexion et à évasion. „Ces photographies continuent d’emporter avec elles leurs récits plus ou moins avérés, mais aussi leur part de mystère, d’ambiguïté et de non-dit. Histoires parfois sans paroles, quand elles sont arrachées à leur contexte, mais au creux desquelles subsistent la force de l’image et l’émotion de l’instant“, écrit Adeline Rossion dans le passionnant catalogue de l’exposition „En dilettante“ que le Musée de la photographie de Charleroi consacre à la photographie amateur.