Théâtre
„Les meilleurs prennent les couleurs des pires“: „Homme sans but“ d’Arne Lygre dans une mise en scène de Sophie Langevin
Pour son retour au TNL, Sophie Langevin met en scène le glaçant univers de simulacres et de faux miroirs d’„Homme sans but“, où l’appât du gain a transformé les hommes en enveloppes vides, à remplir par des fonctions interchangeables. Servi par une mise en scène précise et une esthétique aussi imparable que froide, cet „Homme sans but“ est une excursion effrayante dans un monde post-baudrillardien où l’absence d’espoir et de perspectives est à la fois courageuse et terrifiante.
Le corps de Peter (Denis Jousselin) n’est pas encore froid que déjà les questions pécuniaires déclenchent les discussions entre Femme (Laëtitia Pitz), Fille (Marie Jung) et Frère (Régis Laroche) (C) Bohumil Kostohryz
L’écrivain autrichien Robert Musil a son homme sans qualités, derrière lequel se cache en vérité un homme sans propriétés – „Der Mann ohne Eigenschaften“, en allemand, ça ne désigne pas un homme dénué de qualités –, le dramaturge norvégien Arne Lygre son homme sans but. Dans sa pièce éponyme, mise en scène par Sophie Langevin au TNL, l’on voit le richissime architecte Peter (Denis Jousselin) parcourir une splendide réserve naturelle.