Thomas Demand au Jeu de Paume à Paris

La fiction à l’épreuve du réel

Thomas Demand, artiste et photographe allemand né en 1964 à Munich, nous immerge dans un processus étonnant, une rémanence du réel à travers des photos qui restituent quelques lieux emblématiques dépouillés de présences humaines, comme un contexte dans lequel projeter notre inconscient collectif et reprendre individuellement le fil d’une narration.

Thomas Demand, Refuge II, 2021, C-Print/Diasec, 160 x 200 cm

Thomas Demand, Refuge II, 2021, C-Print/Diasec, 160 x 200 cm

Thomas Demand use d’un procédé inouï pour créer une image à rebours de toutes les images télévisées. Il puise dans les événements marquants de l’histoire, de ces événements qui nous affectent et bénéficient d’un système de présentation ou d’évocation formaté, presque ritualisé. Plongés dans l’exposition, chaque salle propose un environnement particulier où les photographies de grand format semblent flotter. Les lieux photographiés comportent quelques particularités étranges, les prises électriques n’ont pas de trous, les classeurs et les livres présentent une tranche blanche et lisse. Il s’agit de maquettes. Thomas Demand les a minutieusement créées en laissant quelques particularités qui permettent de les identifier. Ces maquettes, il les photographie avant de les détruire. Répétons-le, les lieux sont vides de présence humaine. Le goût de l’objet et du cadre – l’image est très structurée et précise – fait penser à une séquence filmique, à l’espace d’un roman, notamment le Nouveau Roman pour sa minutie de la description et du détail. La rémanence de l’histoire, depuis cette photo et l’espace ouvert d’une maquette désormais détruite, nous permet de reconsidérer autrement l’histoire et les espaces auxquels Thomas Demand fait allusion.

Jetzt kostenlos testen: Ihr persönlicher 24-Stunden-Zugang

  • Zugang zu allen Online-Artikeln
  • E-Paper auf tageblatt.lu und in der App

Sie haben bereits ein Konto ? Melden Sie sich hier an.

Das könnte Sie auch interessieren

Im Kino

Voices of Young Feminists: Ist „Mortal Kombat II“ feministisch?