Festival de Cannes
Fictions confinées
Hasard ou non, à Cannes, le confinement semble avoir laissé des traces, puisque nombre de films s’évertuent à enfermer ses personnages dans la claustrophobie de huis clos tantôt angoissants, tantôt producteurs d’étincelles. Que ce soit la cabine d’avion d’une compagnie aérienne low-cost („Rien à foutre“), un couvent au 17e siècle („Benedetta“), un hôpital d’urgence parisien („La fracture“), un appartement italien („Tre piani“) ou le compartiment d’un train russe („Compartiment n°6“), la tension de ces films réside souvent entre renfermement sur soi et ouverture au monde extérieur.
Adèle Exarchopoulos dans „Rien à foutre“
La seconde loi de la thermodynamique préconise qu’un système clos n’a de cesse d’augmenter son entropie jusqu’à ce qu’il finisse par mourir une mort thermique. De cette loi, l’écrivain Thomas Pynchon a fait une métaphore, instaurant un jeu entre confinement et ouverture, entre renfermement sur soi et intrusion du monde extérieur. Alors qu’on voit le bout du tunnel de restrictions liberticides et qu’on espère endiguer une énième vague virale, un bon nombre de fictions cannoises nous rappellent l’enfermement, la vie en mode mineur, la promiscuité parfois agréable, souvent désagréable des autres et les microcosmes sociétaux qui s’instaurent.