Photographie
Et si l’on photographiait le monde
Au lieu du déferlement d’images connues, celles des guerres, d’un tourisme effréné, du commerce de luxe, si nous recherchions de façon plus subtile, en nous penchant sur les travaux de certains photographes – la photo est l’outil idéal pour ça – les vestiges de nos civilisations, les stigmates des conflits, les standards d’une urbanisation galopante?
Impressions urbaines du croisement Bowery et Division Street à Manhattan, photographiées en 1936 par Bérénice Abbott Photo: Bérénice Abbott/Smithsonian American Art Museum
Si nous revenions à cette conscience, non plus pour un pays particulier, comme ont pu le faire les photographes américains Dorothea Lange (1895-1965) et Walker Evans (1903-1975), qui à la suite d’une commande des Etats-Unis sont allés photographier la misère des régions reculées au moment de la récession, si nous apprenions à relever de manière subtile les empreintes de notre environnement? Nous verrions à quel point l’histoire et le temps se lisent par strates, ici ou là.