Festival de Cannes

Deux femmes puissantes

„The Worst Person in the World“ de Joachim Trier et „Bergman Island“ sont deux films qui explorent le sentiment amoureux et son revers, la rupture. Si Mia Hansen-Løve choisit une déambulation filmique sur fond de mise en abyme et d’intertextualité un brin nombriliste, le cinquième long métrage de Joachim Trier est un délicat portrait féministe et intergénérationnel à l’humour subtil. Les deux films convainquent par leurs portraits de personnages féminins forts.

Eivin (Herbert Nordrum) et Julie (Renate Reinsve) dans „The Worst Person in the World“ de Joachim Trier

Eivin (Herbert Nordrum) et Julie (Renate Reinsve) dans „The Worst Person in the World“ de Joachim Trier Oslo Pictures

Imaginez que vous êtes en couple. Votre relation se passe plutôt bien, malgré l’habitude qui a lentement pris le dessus sur la fouge et l’emportement et l’enchantement des débuts. Vous passez une soirée en société un peu chiante avec votre mec, un dessinateur de BD qui vient de sortir un nouvel album. Vous décidez de rentrer plus tôt, seule. Vous vous baladez, des larmes aux yeux, une tristesse diffuse vous saisissant, qui vous prend à chaque fois que vous demandez si c’est vraiment à ça que ça se limite, la vie dite adulte. Vous longez des apparts où des gens jeunes et beaux comme vous font la fête. Vous vous arrêtez, songeuse, et décidez de faire l’incruste.

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