Expérimental
Das Kinn en concert mercredi aux Rotondes et Thylacine jeudi au Rockhal Club
Das Kinn joue ce mercredi aux Rotondes, et Thylacine ce jeudi au Rockhal Club. Le premier fait déraper un genre d’électro déjà enclin aux dérapages, l’Electronic Body Music. Le second voyage dans l’électronique, autant que dans l’espace et dans le temps, le tout en mixant machines et classiques de la musique classique. Deux jours, deux approches différentes de l’expérimentation, deux concerts, deux salles, deux ambiances. Focus.
Thylacine se produira jeudi au Rockhal Club Photo: Benoît Rousseau
Das Kinn: une vague froide d’EBM
En Allemagne, l’électro ne s’est jamais contentée de remplir des clubs, elle a souvent parlé avec des machines, en phrases courtes et nettes, taillées pour résister plus longuement que jusqu’au bout de la nuit. Das Kinn s’inscrit dans cette tradition sans pour autant la transformer en un gadget vintage. Derrière le nom („le menton“), il y a Toben Piel, basé à Francfort, aussi impliqué dans le duo performatif Les Trucs et dans le label-cassette MMODEMM. Le label vit au milieu de micro-éditions et de nuits partagées, parlant sous forme de slogan de „tapes and fun nights“. Cest là que Das Kinn publie un premier EP éponyme en 2020. Plutôt que d’empiler des textures, Piel taille des blocs: les boîtes à rythmes claquent, la basse-synthé est en marche forcée et la voix tranchante; il s’agit de danser pour ne pas se laisser absorber par le club. Le rapprochement avec D.A.F. (Deutsch-Amerikanische Freundschaft) n’est pas là par hasard: il y a le même goût pour la charpente EBM (Electronic Body Music), la pulsation obstinée et le phrasé autoritaire qui éclate des oreilles jusqu‘au menton.