France
Bourrage d’urnes, gestes hostiles: une pénible ouverture au Palais Bourbon
L’Assemblée nationale française vient de tenir une première semaine de session qui aura laissé un goût amer à tous ceux qui croient encore à la légitimité parlementaire, et à la vertu du dialogue républicain.
Henri François d’Aguesseau (1668-1751), ministre sous Louis XV, veille devant le Palais-Bourbon qui a vu la semaine passée les premières sessions houleuses du nouveau Parlement Photo: AFP/Joël Saget
Car de bourrage d’urnes en coups bas, de gestes déplacés en alliances contre nature, les députés n’auront pas donné à leurs électeurs, pourtant plus nombreux que depuis bien longtemps, une image bien valorisante du Palais Bourbon. Tout aura commencé avec ce vote pour l’élection du (ou en l’occurrence de la) président(e) de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet, qui détenait déjà, sous l’étiquette macroniste, cette fonction dans l’Assemblée précédente. Le bureau provisoire en ayant été confié, comme le prévoit la loi, au doyen d’âge pour sa présidence, et aux six plus jeunes élus pour l’organisation concrète du scrutin, le préposé au recueil des bulletins se trouvait être, comme trois autres de ses collègues, un membre du RN, âgé de 22 ans.