Expo
Alberto Giacometti et Giorgio Morandi à Paris: A l’aune de la métaphysique
L’exposition qui réunit ces deux artistes emblématiques, Alberto Giacometti (1901-1966) et Giorgio Morandi (1890-1964) est un moment essentiel, où deux intervalles, deux ateliers, s’ouvrent en résonance, celle d’une nécessité intérieure, d’une attention inlassable portée au réel.
Giorgio Morandi dans son studio en 1953 Copyright: Herbert List/Magnum Photos
Ces deux artistes, bien que contemporains, ne se sont jamais croisés. Force est de constater qu’ils font partie d’une même famille sensible, par le dépouillement, la répétition du motif, la fragilité qui s’impose comme une force intérieure, et la qualité de leurs œuvres, semblant surgir d’une éternité partagée. Celle du tremblement de l’air et du motif, arrachés au réel. Ils ont également pour point commun d’avoir peu voyagé et de s’être attachés à leur atelier, comme un point d’ancrage nécessaire dans leur quête, Morandi à Bologne, Giacometti à Paris, dans le quartier Montparnasse. Une reconstitution de l’atelier de Giacometti, minuscule chambre, est proposée au visiteur, dès l’entrée. Et c’est miracle de voir ce désordre, cet endroit livré dans son essence à la curiosité contemporaine, comme un écrin fait de pauvreté et de travail – espace qui contraste fortement avec la richesse et la préciosité de l’Institut Giacometti. Comme une énigme irrésolue, celle de la création, portée au grand jour, comme une revanche sur les jours difficiles qu’a vécu Giacometti.