Parlement
Santé préventive au Luxembourg: les députés débattent
A la suite de la publication du rapport „Gesond Gesellschaft duerch Präventioun“ de l’Observatoire national de la santé, la Chambre des députés a tenu un débat d’orientation initié par la LSAP pour clarifier les pistes d’action à prendre à ce niveau. Le rapport se concentre sur quatre facteurs de risque: le tabagisme, la consommation d’alcool, une alimentation déséquilibrée et l’activité sportive.
Une taxe sur le sucre fut une des propositions faites à la Chambre Photo: dpa/Sven Hoppe
Mercredi, la députée LSAP Taina Bofferding a introduit le débat par une statistique tirée du rapport de l’Observatoire de la santé. 83 pour cent du fardeau des maladies au Luxembourg seraient chroniques, donc des maladies de longue durée comme le cancer, la dépression, le diabète ou les maladies cardiovasculaires. Celles-ci seraient „évitables par des interventions de prévention primaire“, indique le rapport. De plus, le vieillissement et la croissance de la population amèneraient à une importante augmentation du phénomène. Taina Bofferding reconnaît que toutes les maladies chroniques ne sont pas évitables, mais souligne que „la politique de santé est également une politique sociale“. Selon une récente note de la cellule scientifique de la Chambre, les sexagénaires les plus aisés auraient six ans d’espérance de vie supplémentaire par rapport aux sexagénaires les plus précaires.
Quelle crédibilité pour une politique de prévention si l’Etat dépend financièrement de ces ventes?
Taina Bofferding
députée, à propos du prix du tabac
Pour répondre à ce problème, la socialiste préconise plusieurs pistes. Une nette augmentation du prix du tabac serait une première étape. „Quelle crédibilité pour une politique de prévention si l’Etat dépend financièrement de ces ventes?“, demande Taina Bofferding. Au niveau de la consommation d’alcool, elle met le gouvernement au défi d’augmenter l’âge légal et souhaite plus de réglementations pour les publicités et les sponsorings. Idem pour l’alimentation dont la publicité de produits sucrés n’est pas assez réglementée. Enfin, la socialiste plaide pour un cadre qui permette le développement de l’activité physique. Pour assurer une mise en place cohérente, la députée souhaite une „stratégie nationale qui va au-delà du ministère de la Santé“. La députée „déi gréng“ Josée Lorsché propose, en plus de la hausse des taxes sur le tabac, une taxe sur le sucre qui permettrait de réduire la quantité de sucre dans les produits.
Respect des libertés individuelles
En face se trouve le camp de la „liberté des choix“. La prévention ne prescrit pas aux gens comment vivre, résume la ministre de la Santé, Martine Deprez (CSV), en réponse aux remarques des partis d’opposition. Ce qui compte pour la prévention serait plutôt la circulation et l’accès à des informations fiables. Afin que chacun puisse faire un choix éclairé sur sa santé. „La responsabilité individuelle nécessite des moyens concrets“, indique la ministre. L’augmentation d’une taxe sur le sucre devra se faire à travers des initiatives européennes. Pour Sven Clement, Pirate, le manque d’informations sur les options alternatives est un problème. Le choix libre nécessiterait une „option saine et accessible“ mais le gouvernement manquerait de „volonté politique“ selon le Pirate. Une stratégie nationale de prévention qui engloberait „tous les secteurs de la prévention“ et qui regrouperait „plus de 20 plans“ serait en élaboration selon Martine Deprez. Cette stratégie, prévue pour les mois de janvier, ne devrait pas être vraiment restrictive et respectera une formule répétée par la ministre: „Informer sans moraliser, orienter sans prescrire.“