Forum de Patrick Dury

Un accord tripartite grâce à l’Union des syndicats OGBL-LCGB!

Notre pays traverse actuellement une crise dont les retombées économiques et sociales restent incertaines, mais qui risque d’avoir une ampleur jamais vue.

Un accord tripartite grâce à l’Union des syndicats OGBL-LCGB!

Photo: Editpress/Fabrizio Pizzolante

Cette nouvelle crise se greffe sur de nombreux défis existants tels que la transition écologique et digitale, mais également de multiples crises persistantes comme le manque de logements abordables, la croissance des inégalités sociales et l’augmentation du taux de pauvreté.

L’auteur

Un accord tripartite grâce à l’Union des syndicats OGBL-LCGB!

Foto: Editpress/Hervé Montaigu

Patrick Dury est co-président de l’Union des syndicats OGBL-LCGB et président national du LCGB.

Depuis le début du conflit au Moyen-Orient à la fin du mois de février 2026, l’inflation s’est accélérée et pèse fortement sur le pouvoir d’achat des ménages, mais également le développement des entreprises.

Cette évolution frappe notre pays de plein fouet puisque notre économie peine depuis la pandémie à reprendre un rythme de croissance soutenu. Et, maintenant, le risque d’un ralentissement conjoncturel, voire de récession, est très réel.

Les menaces croissantes pesant sur l’approvisionnement énergétique et les matières premières stratégiques rendent la situation très volatile et risquent de menacer de nombreux emplois, sans parler des risques croissants pesant sur l’emploi en raison de l’intelligence artificielle.

Cette situation complexe s’insère dans un contexte où le niveau du chômage est déjà particulièrement élevé, respectivement où le dialogue social est arrivé au point mort vu l’instauration de la méthode „consulter puis décider“ au détriment du modèle de négociation consensuel qui existait depuis des décennies.

C’est sur ce fond que la Tripartite nationale, l’instrument central de lutte contre le chômage et pour la stabilisation économique et sociale, s’est réunie les 2, 3 et 4 juin 2026. Compte tenu de la dégradation récente du dialogue social, cette Tripartite a en même temps constitué la dernière chance pour restaurer un véritable cadre de concertation permanent.

Les mesures retenues vont notamment freiner l’inflation, améliorer le maintien dans l’emploi, renforcer le pouvoir d’achat des ménages par un crédit d’impôt conjoncture et augmenter le salaire social minimum à hauteur de 200 euros net

L’Union des syndicats OGBL-LCGB a préparé et présenté un „paquet compétitivité et dialogue social“ afin de parvenir à un accord ambitieux sur l’avenir économique, social et industriel du Luxembourg.

Un accord dans un contexte très difficile

L’accord tripartite qui a été signé le 8 juin 2026 répond à plusieurs niveaux à ces exigences. Les mesures retenues vont notamment freiner l’inflation, améliorer le maintien dans l’emploi, renforcer le pouvoir d’achat des ménages par un crédit d’impôt conjoncture et augmenter le salaire social minimum à hauteur de 200 euros net.

Par conséquent, les instances dirigeantes du LCGB et de l’OGBL ont pu donner de façon unanime leur aval à la signature de cet accord substantiel pour les salariés, mais également pour l’économie. Cet accord tripartite est d’autant plus remarquable parce qu’il fut négocié dans un contexte très difficile, le dialogue social à l’échelle nationale étant effectivement arrivé au point mort. L’Union des syndicats OGBL-LCGB a réagi avec engagement et conviction aux véritables attaques qui mettaient en cause la représentativité et la légitimité des organisations syndicales représentatives non seulement en ce qui concerne leur droit de négocier et de signer des conventions collectives, mais bien au-delà d’être la voix des salariés du secteur privé.

Cet accord tripartite est d’autant plus remarquable parce qu’il fut négocié dans un contexte très difficile, le dialogue social à l’échelle nationale étant effectivement arrivé au point mort

La manifestation du 28 juin 2025, les rassemblements et différentes autres actions ont barré le chemin à un retour en arrière inacceptable qui aurait mis fin à la cohésion sociale et à la paix sociale dans notre pays. La force de l’Union des syndicats OGBL-LCGB ne réside pas seulement dans notre capacité de mobiliser et d’organiser des actions à l’échelle de ce que nous avons pu vivre les quelques 18 mois passés.

La qualité de nos arguments et nos compétences de négociations nous ont permis de formuler ensemble avec les représentants de l’UEL et le gouvernement un accord ambitieux et complet. Un accord tripartite qui porte fortement l’empreinte des sujets que l’Union des syndicats OGBL-LCGB a annoncé vouloir mettre sur l’ordre du jour de cette tripartite. La lutte contre le chômage, le renforcement substantiel du pouvoir d’achat des ménages, l’instauration d’un comité de suivi logement qui donnera enfin sa place aux organisations syndicales de l’Union dans un débat sociétal d’envergure, des aides pour la transition énergétique et finalement la mise en place d’un comité de suivi tripartite qui permettra de suivre l’état d’avancement de l’accord et d’apporter, le cas échéant, les réponses adéquates à une crise dont l’évolution reste imprévisible et volatile.

Cet accord tripartite est remarquable du fait que la force des arguments de l’Union OGBL-LCGB a su convaincre des partenaires réticents à élargir l’ordre du jour des négociations tripartites au-delà du strict „périmètre“ de la crise. Cet accord tripartite est d’autant plus remarquable du fait que l’Union des syndicats OGBL-LCGB a clairement démontré sa capacité de manifester et de négocier. La conclusion de l’accord tripartite a prouvé que tous ceux avaient tort qui ont affirmé qu’il était devenu „impossible de négocier et de trouver des accords avec cette Union des syndicats OGBL-LCGB si agressive et véhémente“.

Si cet accord tripartite marque donc, à première vue, le retour du gouvernement vers le dialogue social national tel qu’il existait avant la mise en œuvre de la méthode „consulter et décider“, il convient de signaler que les négociations tripartites nécessitent avant toute chose une base de confiance entre les partenaires sociaux.

Pour le moment, l’Union des syndicats OGBL-LCGB reste sur ses gardes et abordera avec vigilance la reprise des travaux au sein du Comité permanent du travail et de l’emploi

Le fondement de toute base de confiance est le respect mutuel des partenaires du dialogue trilatéral. Un respect qui n’est pas mesuré par la tonalité des différents discours, mais beaucoup plus par la reconnaissance mutuelle du rôle de chacun des partenaires et, surtout, de leur mission et de leur représentativité.

Pour l’Union des syndicats OGBL-LCGB, il va de soi que la signature de l’accord tripartite du 8 juin 2026 acte la fin de la méthode „consulter puis décider“ et de ce fait le retour au modèle tripartite consensuel qui a fait la force de notre pays depuis la crise sidérurgique des années 1970.

Pour le moment, l’Union des syndicats OGBL-LCGB reste sur ses gardes et abordera avec vigilance la reprise des travaux au sein du Comité permanent du travail et de l’emploi (CPTE).

Pour mémoire, la rupture au niveau du CPTE était la conséquence logique de la méthode „consulter puis décider“, notamment sur des questions fondamentales telles que les négociations collectives, l’organisation du temps de travail, la transposition de la directive européenne sur les travailleurs de plateforme et la transposition de la directive européenne sur des salaires minima adéquats.

Dans l’ensemble de ces dossiers cruciaux, le gouvernement avait déjà pris ces décisions avant tout échange avec les partenaires sociaux, ou visait à attaquer les droits existants des salariés du secteur privé et de leurs syndicats.

Toute action du gouvernement qui est contraire à ce modèle social luxembourgeois tripartite, que ce soit au sein du CPTE ou à d’autres endroits, entraînera inévitablement de nouveaux conflits sociaux.

Les prochaines semaines vont démontrer si le gouvernement a réellement appris ses leçons de la crise du dialogue social et compte désormais assumer ses responsabilités comme partenaire de négociation fiable.

La leçon que les organisations syndicales OGBL et LCGB devront tirer de la péripétie des tractations, des rebondissements et des revirements depuis l’entrée en fonction du gouvernement Frieden-Bettel n’est pas moins importante.

Je voudrais le dire en paraphrasant un adage du football, championnat du monde oblige: La meilleure réponse à l’attaque est la contre-attaque! Et le foot est un sport d’équipe qu’on mène ensemble sur le terrain et de façon unie.

L’Union des syndicats OGBL-LCGB a connu des résultats remarquables, le chemin du 8 octobre 2024 au 8 juin 2026 n’aurait pas pu se faire sans joindre nos forces et nos compétences dans notre Union.

Anmerkung

Das Tageblatt schätzt den Austausch mit seinen Leserinnen und Lesern und bietet auf dieser Seite Raum für verschiedene Perspektiven. Die auf der Forum-Seite geäußerten Meinungen sollen die gesellschaftliche Diskussion anstoßen, spiegeln jedoch nicht zwangsläufig die Ansichten der Redaktion wider.

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