Au musée d’Orsay
Vincent van Gogh: La peinture au bord de l’abîme
Cette rentrée parisienne expose des légendes. Après Nicolas de Staël, Modigliani, c’est au tour de Van Gogh (1853, Zundert, Pays-Bas - 1890, Auvers-sur-Oise, France). Autant dire qu’il y aura affluence pour contempler les derniers chefs-d’œuvre d’un artiste à la vie tourmentée et fulgurante, cette exposition se consacrant aux quelques mois avant son suicide, à Auvers-sur-Oise, près du docteur Gachet.
Vincent van Gogh (1853-1890), „Racines d’arbres“, dimanche 27 juillet 1890, huile sur toile (50,3×100,1 cm) Photo: Van Gogh Museum, Amsterdam/Vincent van Gogh Foundation
Cette période est courte, elle ne dure que deux mois, à la sortie de Vincent de l’hôpital de Saint-Rémy-de-Provence, en 1890. Auparavant, Van Gogh s’était installé à Arles en février 1888. Il y découvre la lumière du sud, sa palette s’est éclaircie. Van Gogh a une piètre estime de lui-même, issu d’une famille calviniste du Brabant, son père étant pasteur, il désire entrer au séminaire d’Amsterdam, mais sa préparation échouera. Il devient prédicateur laïc en Belgique, auprès de mineurs. Il prêche avec une telle fièvre qu’on le suspecte de folie mystique et il est relevé de ses fonctions. Le dessin l’intéresse, la peinture aussi. Son frère Théo l’encourage à suivre cette voie. Si l’on ne tombe pas dans le piège du voyeurisme d’une vie écorchée, jusqu’à rapprocher l’œuvre de l’état mental de Van Gogh, cherchant ici ou là des correspondances, c’est en partie grâce aux lettres que Vincent écrit à Théo. Certes, il y expose sa difficulté à vivre de sa peinture et la culpabilité qu’il éprouve, car son frère le soutient financièrement, mais il tient sur l’art et les visions qu’il en a des considérations d’une grande force. Imprégné de spiritualité, il cherche la lumière dans les ténèbres.