Festival de Cannes
Tous égos?: „Triangle of Sadness“ et „R.M.N.“ mettent le néolibéralisme en crise
Pendant le cinquième jour du festival, la compétition officielle propose deux fictions centrées (entre autres) sur les ravages du néolibéralisme par deux réalisateurs déjà couronnées par une Palme d’Or, avec des approches diamétralement opposées: là où le Suédois Ruben Östlund offre une satire décapante quoique parfois un peu trop évidente, le Roumain Christian Mungiu verse dans un réalisme social un brin sentencieux.
„Triangle of Sadness“ de Ruben Östlund, en compétition officielle, 3,5/5
„Tous égaux“, clame une vieille milliardaire sur une croisière à une serveuse qui peine à en croire ses oreilles. Se rendant compte de l’énormité de ce qu’elle vient de proclamer, qui a ses pieds plongés dans un jacuzzi alors que l’employée dont elle ne connaît même pas le prénom – Alicia, apprendra-t-elle par la suite, comme si le fait de tirer une personne de l’anonymat en y attelant un prénom changeait quoi que ce soit à l’exploitation – est payée (peu) pour être (constamment) à l’écoute de son désir de vielle bourge, la vielle propose une inversion carnavalesque des valeurs, demandant (oui, au sens de: exiger) que tous les employés se baignent à l’instant.