Documentaires
Rêves et hallucinations
„Ascension“ décrit l’espoir de progression sociale comme le moteur du succès économique de la Chine, dont l’obéissance et la surveillance en sont les conditions. Dans le Chelsea Hotel de Manhattan que resitue „Dreaming Walls“, la désobéissance a longtemps été la règle, jusqu’à son rachat qui menace d’en faire un attrape-touristes.
„Ascension“ de Jessica Kingdon
Il n’y a rien qui semble plus éloignés que ces deux films, en compétition durant le Luxembourg Film Festival, dans la catégorie ‚Documentaire’. „Ascension“ est un modèle du film documentaire qui offre au spectateur de pénétrer au cœur de sociétés inaccessibles et non moins fantasmées. À l’origine, la réalisatrice américaine, Jessica Kingdon, avait choisi de mesurer les ravages du capitalisme dans plusieurs pays de la planète, dans un sens surtout écologique. Mais finalement, c’est dans le pays d’origine de sa mère, que sa caméra s’arrête, pour nous en livrer une exploration sociologique. Le tournage du film a permis à la réalisatrice de vérifier le mythe d’un arrière-grand-père poète dont elle avait souvent entendu parler. Non seulement, elle en a retrouvé la trace, mais de surcroît, une poésie en particulier qui paraissait évoquer, avec un siècle d’avance, ce qu’elle avait filmé. C’est ainsi un de ses poèmes qui donne son titre au film, celui dans lequel l’aïeul constate que prendre de la hauteur n’est pas toujours signe de progrès.