L’écriture de soi
Quand le je en vaut la chandelle
Effort physique, quête stylistique, jeu dangereux, l’écriture autobiographique est une aventure dont des personnes aux horizons les plus divers partagent les bienfaits. Un pas si mauvais genre.
„Je suis le premier qui avait une méfiance très forte envers l’autobiographie. Pour moi, cela ne faisait sens que si tu étais Napoléon ou Dante Alighieri“, concède Claudio Cicotti, responsable de la Section des lettres italiennes à l’Université du Luxembourg. „Jusqu’il y a douze ans quand j’ai perçu que l’autobiographie vraie touche des cordes profondes et très importantes.“ L’universitaire s’est alors plongé dans les travaux d’un autre universitaire, Philippe Lejeune, qui ont contribué à réhabiliter l’autobiographie, en lui redonnant une histoire propre et en en précisant la définition. Pour ce dernier, l’autobiographie est un „récit rétrospectif en prose qu’une personne réelle fait de sa propre existence, lorsqu’elle met l’accent sur sa vie individuelle, en particulier sur l’histoire de sa personnalité“. Le terme rétrospectif écarte les journaux intimes, et souligne la distance avec les faits qui donne à l’autobiographie le pouvoir de donner un nouveau sens à sa vie.