Prix littéraires (6)
„Où les songes d’enfant à la fin se défont“: „La Treizième heure“ d’Emmanuelle Bayamack-Tam
Couronné par le prix Médicis, „La Treizième heure“ poursuit les questionnements de genre, d’identité au sein d’une vie passée dans des communautés sectaires qu’Emmanuelle Bayamack-Tam avait déjà soulevés dans son précédent „Arcadie“. Portrait au vitriol d’un monde qui court à sa perte, vibrant hommage à la poésie, analyse méticuleuse des relations toxiques qui bien souvent gouvernent les vies familiales, „La Treizième heure“ est aussi et surtout un hommage mélancolique à l’altérité dans une société hétéronormative.
Photo: AFP/Joel Saget
Déçu par son grand amour pour une „femme à bite“ qui lui a brisé le cœur au point qu’il aurait pu en mourir s’il n’y avait pas eu la petite Farah, tout juste née au moment de la rupture, Lenny Maurier décide de transcender son deuil amoureux en énergie positive en créant, avec l’aide de sa voisine octogénaire, la communauté inclusive des treiziémistes, secte toute entière vouée à la rébellion contre le capitalisme ainsi qu’au chant de ces nourritures terrestres que sont les grands poèmes de la littérature française et dont le quotidien est fait de „messes poétiques, d’ablutions rituelles“, de tout un „décorum“ de „vie mystique“ à la fin de laquelle sonnera, si tout va comme Lenny l’a prévu, la Treizième heure nervalienne.