En concert
Musique chromatique: Lorde ce dimanche à la Rockhal
Depuis un peu plus d’une décennie, Lorde repeint la pop à ses couleurs. Sa voix grave et ses chansons dépouillées balayent le bling-bling pour imposer une sensibilité chromatique. Avec elle, la musique se voit. La Néo Zélandaise joue ce dimanche à la Rockhal. Portrait en technicolor.
Sous sa maîtrise il y a un secret: Lorde voit la musique Foto: Thistle Brown
En 2013, au milieu d'un océan de basses surcompressées, une adolescente venue d'Auckland a renversé le cours de la pop. Ella Yelich-O’Connor, seize ans à peine, se fait appeler Lorde. Le nom résonne déjà comme une couronne posée de travers. Là où les charts étincellent d’artifices, elle avance, armée d’un claquement de doigts. Coécrit avec Joel Little, son tube „Royals“ est anti-clinquant: une batterie invisible, une ligne de basse épurée et cette voix grave qui refuse l’apparat. Elle chante „And we’ll never be royals“ en défiant les chaînes en or et les Jaguars des clips. En un refrain, Lorde transforme la modestie en esthétique, et c’est le succès: „Royals“ grimpe, de la confidentialité de SoundCloud aux cimes du Billboard, détrônant „Wrecking Ball“ de Miley Cyrus pour neuf semaines d'affilée. Elle devient, à seize ans, la plus jeune artiste à régner sur le Hot 100 depuis un quart de siècle.