Critique littéraire
„M for Amnesia“ d’Anne-Marie Reuter: du poids politique de nos souvenirs
A l'instar d’autres titres, comme „The Idiot of Saint Benedict and other stories“ de Jean-Paul Gomez, déjà publiés par la maison d’édition Black Fountain Press qu’elle a fondée en 2017, „M for Amnesia“, le premier roman d’Anne-Marie Reuter, se situe dans un monde dystopique qu’on sent bien proche du nôtre.
Editrice et désormais romancière: Anne-Marie Reuter Photo: archives Editpress/Black Fountain Press
Melissa est dans la commune, une enclave en dehors de la civilisation qui a survécu au changement climatique, lorsqu’elle apprend de la mort de son père. C’est Styx qui lui transmet la nouvelle, son ami artiste dont l’antenne implantée dans la crane est toujours connectée. Les premières notes du roman sont celles de queer cyber-hippies où se croisent la technologie et l’organique, d’un imaginaire dirait-on puisé dans une conception plutôt littérale de la pensée de Donna Haraway. Le voyage de retour pour les funérailles de son père, la confrontation avec les souvenirs et traumas de sa vie d’avant et les doutes sur les circonstances de la mort de Marcus Prenderghast, scientifique et entrepreneur extrêmement influent, vont faire douter peu à peu la protagoniste sur ses choix de vie, et hésiter à se réinvestir dans la société qu’elle avait fuie.