Théâtre
Les interstices du langage: „Never Vera Blue“ au TOL
Une jeune mère de famille raconte comment elle essaie de s’extirper d’une relation conjugale toxique et violente: avec „Never Vera Blue“, Aude-Laurence Biver met en scène un texte dense et intense, qui dit les structures de pouvoir des mots et le soubassement violent inhérent à bien des couples au cours d’une pièce minimaliste et juste.
Emeline Touron incarne avec brio la narratrice de „Never Vera Blue“ Photo: TOL
„Il est quasiment impossible de prouver quoi que ce soit.“ Cette phrase toute métaphysique, riche d’un doute quasiment ontologique, pourrait résumer une doctrine philosophique des temps modernes – elle est cependant, dans la bouche de la narratrice de „Never Vera Blue“, l’expression de ce sentiment de perdition totale qu’on éprouve quand, dans une relation toxique, le partenaire finit, à force d’avoir essayé de vous convaincre que sa réalité est plus vraie, plus logique, plus incontestable que la vôtre, par vous imposer sa vision du réel.