Film
L’empathie est une illusion
Dans son long-métrage coproduit par Tarantula, l’Iranienne Sepideh Farsi filme l’éphémère rencontre amoureuse entre une policière grecque et un réfugié syrien. Recourant à une narration elliptique, Farsi filme le destin de deux individus dont l’actualité géopolitique de leurs pays respectifs a transformé la vie en douloureuse errance – et qui trouvent dans la tendresse des caresses un répit certes provisoire mais bien réel. Si le film reste de facture assez classique, le jeu des acteurs et le stoïcisme du récit en font une expérience poignante.
L’amour entre Maria (Marisha Trianafyllidou) et Yussof (Hanna Issa) est un répit éphémère mais bien réel Photo: Tarantula
D’abord, le symbolisme des premiers plans laisse quelque peu dubitatif: un envol d’oiseaux migrateurs dans le ciel méditerranéen, un arbre centenaire qu’on arrache – malgré la beauté des images, soulignée par les vers d’un poème de Mahmoud Darwish, ça paraît un brin ostentatoire. Parce que même sans cette mise en bouche visuelle, le spectateur aura bien vite compris que le sujet du film, c’est l’errance dans un monde profondément violent, dont les tensions géopolitiques n’ont de cesse de produire des êtres exilés.