L’histoire du temps présent
Le tournant
Il y a 80 ans, le régime d’occupation nazi réprimait le mouvement de grève qui avait secoué le Luxembourg après l’instauration du service militaire obligatoire. En apparence, l’ordre était rétabli, mais en réalité quelque chose s’était irrémédiablement brisé. Les Luxembourgeois qui s’étaient résignés à s’adapter au régime nazi en octobre 1940, pour éviter le pire, avaient définitivement fait marche arrière.
Les occupants nazis passent en revue la compagnie luxembourgeoise sur la place Guillaume. En arrière-plan l’hôtel de ville de la capitale. Photo: Photothèque VDL (date inconnue)
Le lundi 31 août 1942, lorsqu’ils apprirent qu’un mouvement de grève avait été lancé dans le pays pour protester contre l’instauration du service militaire obligatoire, les instituteurs de l’école primaire Aldringen, à Luxembourg, se demandèrent comment ils pourraient y prendre part. Ils songèrent d’abord à renvoyer leurs élèves chez eux puis, estimant que cesser le travail pénaliserait les enfants qu’ils avaient sous leur responsabilité, ils décidèrent de faire quelque chose de bien moins spectaculaire, mais de beaucoup plus significatif: ils renvoyèrent leurs cartes de membres et leurs insignes de la Volksdeutsche Bewegung (VdB) au siège du parti.1)