Matisse au Centre Pompidou
La vibration de la couleur
L’exposition organisée par le Centre Pompidou, Matisse, comme un roman, célèbre un génie de la peinture, celui que la France n’a pas su reconnaître en son temps et qui a pourtant profondément modifié le paysage artistique. Collectionné très tôt à l’étranger, Matisse est revenu en force dans son pays. Cette exposition chronologique célèbre son œuvre, en compagnie de son ami Aragon, qui écrivit, Henri Matisse, roman (1971, Gallimard). D’autres écrivains et critiques d’art sont également ici au rendez-vous. Un roman, car la vie de Matisse est longue, son travail acharné, son œuvre à multiples rebondissements.
La Sieste, 1905 Photo: Merzbacher Kunststiftung, Succession H. Matisse
Au contraire de Picasso, Matisse (*Le Cateau, Nord, 1869 – +Nice, 1954) recherche un art fait d’harmonie. „Ce que je rêve, c’est un art d’équilibre, de pureté, de tranquillité“, écrit-il. Et c’est ainsi que tout au long de sa carrière, par un processus de simplification allié à l’idée d’une peinture parfois monumentale et décorative, par des figures dépouillées, oublieux des lois de la perspective, cherchant du côté de l’art byzantin, l’art primitif, japonais, faisant rugir la couleur pure, ce qui lui vaudra l’appellation de peintre fauve, Matisse, souhaitant que la peinture participe à la vie, a créé sa propre vision. Une vision qui a inspiré nombre d’artistes, dans les arts plastiques, en littérature, au cinéma.