„Weaver“ d’Anne-Mareike Hess

La quadrature d’une ronde

Avec „Weaver“, ronde chorégraphique, Anne-Mareike Hesse propose en trio une histoire de la violence faite aux femmes, âpre, rude, crue, qui pose un constat plus qu’il ne tisse des perspectives.

Un bâton, symbole d’oppression, mais aussi de pouvoir dès qu’on le détourne

Un bâton, symbole d’oppression, mais aussi de pouvoir dès qu’on le détourne Photo: Bohumil Kostohryz

Ce n’est pas à une uchronie rieuse, à un manifeste vengeur ou encore un tableau documentaire que nous invite Anne-Mareike Hess avec „Weaver“, le troisième volet d’une trilogie commencée en 2018 avec „Warrior“ et qui a la condition des femmes pour sujet de recherche. C’est une expérience physique, directe, dérangeante. La pièce commence par deux minutes de silence. La soixantaine de spectateurs, disposés à la lisière d’un grand rectangle de 20 x 8 mètres, se toise, s’interroge, puis se tend. Une lumière blanche et crue transperce le moindre faux-semblant. Elle renvoie la salle mansardée de Neimënster à sa structure austère. Preuve est de nouveau faite qu’il n’y a pas besoin de grands moyens pour proposer une entrée en matière forte. Et la pluie et le vent qui se faisaient entendre en ce soir de première renforçaient l’idée qu’une tempête était en préparation.

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