Biennale de Venise
La curatrice Joel Valabrega: „Nous avons un rôle de traducteur“
Pour la curatrice du pavillon luxembourgeois, Joel Valabrega, être à Venise cette année a un goût particulier. C’est ici qu’elle a étudié l’architecture puis s’est prise de passion pour les performances dans l’art contemporain qui l’ont emmené à s’installer au Luxembourg pour travailler comme curatrice du Mudam.
Joel Valabrega, cheffe d’orchestre Photo: Alessandro Simonetti, 2023
Le projet du pavillon luxembourgeois ne brouille pas seulement les frontières de l’autorat et de l’art contemporain. Il vient diluer encore un peu plus la frontière entre curateur et artiste. La curatrice Joel Valabrega a collaboré aussi bien au design de l’œuvre participative qu’à la recherche des quatre performeuses qui viendraient l’actionner ou la nourrir par leurs interventions. L’abandon de l’ego au profit de la choralité que professe „A comparative dialogue act“ concerne d’ailleurs tout aussi bien le curateur que l’artiste. „Où il y a l’être humain, il y a l’ego. Et certainement, dans les travaux artistiques où se produisent des contenus aussi bien curatoriaux qu’artistiques, on veut mettre sa signature“, acquiesce-t-elle. Des curateurs comme Harald Szeeman ont déjà en effet élevé dans l’histoire de l’art son nom au rang de celui d’artistes, par l’audace des thèmes de ses expositions (Peintres et poètes dans les années 60), de ses initiatives (le Musée des obsessions par exemple), tout comme en prenant lui-même la place de l’artiste (avec l’installation „Grandfather: A Pioneer Like Us“ en 1974).