Interview sur „Silent Friend“
La cinéaste Ildiko Enyedi fait d’un splendide ginkgo le témoin silencieux des passions humaines
Le film „Silent Friend“ allie science, philosophie et art cinématographique: il explore la communication végétale et la conception de la nature chez Goethe – un regard fascinant sur la nature, la conscience et les liens humains. Rencontre avec la cinéaste Ildiko Enyedi.
Tony Leung Chiu-wai joue un chercheur chinois, confiné à Marbourg Photo: Lenke Szilgyi Pandora Films
Tageblatt: Quelle a été l’idée de départ de „Silent Friend“?
Ildiko Enyedi: Dans les années 70, merveilleuse époque du „flower power“, il y avait cette idée un peu naïve, mais au fond très lumineuse, selon laquelle les plantes sont intelligentes, qu’elles communiquent et qu’elles ne sont pas simplement des automates qui réagissent. Ainsi, adolescente, j’étais émerveillée par ces expériences. Quand j’ai commencé à travailler sur le film, je ne partais pas de zéro. J’avais derrière moi des décennies de lectures et de réflexions. D’une certaine manière, ce film est le résumé d’un émerveillement qui a duré toute une vie. J’ai suivi ces recherches, qui se sont un peu essoufflées dans les années 80, 90. Puis, dans les années 2000, il y a eu un énorme regain d’intérêt pour les expériences sur la communication végétale, sur une base technique bien plus sophistiquée.