Nouveau disque „new avatar“
Kelela ne change pas de camp, elle conteste l’idée même qu’il y en ait deux
Sur „new avatar“, Kelela fait entendre que la guitare n’élargit pas son R&B de l’extérieur: elle y était déjà, comme une mémoire tenue hors champ.
Sa voix ne rivalise jamais avec les guitares en puissance, elle les tient plutôt à distance: Kelela Photo: Gonzales Photo/Imago Images
Sorti chez Warp, „new avatar“ n’est pas le virage rock annoncé par ses guitares. Il s’agit du prolongement d’une histoire ancienne. Avant la mixtape „Cut 4 Me“ en 2013, Kelela écrivait déjà au sein de Dizzy Spells, groupe de la scène indépendante de Washington. Son troisième album ne renie donc ni le R&B électronique de „Take Me Apart“ (2017) ni les nappes de „Raven“ (2023), mais il remet ces acquis dans les paysages sonores qui ont précédé sa percée.
Pour préparer le disque, elle avait réuni Metric, Incubus ou The Fiery Furnaces dans une playlist ironiquement baptisée „White Bag“, comme une manière de pointer la racialisation persistante de la guitare dans l’inconscient pop, revendication qu’elle a confirmée à plusieurs reprises pendant ses interviews. Cette généalogie donne à „new avatar“ son point de départ.