Rentrée littéraire
Jour blanc: „Qui sait“ de Pauline Delabroy-Allard
Autofiction émouvante en forme de quête d’identité ludique qui peu à peu se métamorphose en un récit douloureux et courageux sur le deuil face à la mort d’un enfant, le deuxième roman de Pauline Delabroy-Allard est aussi un bel hommage à la fiction – parce qu’„il n’y a pas d’autre endroit où vivre“.
L’autrice Pauline Delabroy-Allard publie un deuxième roman touchant. ©Catherine GUGELMANN/Opale/Leema
À trente ans, Pauline accomplit pour la première fois une démarche pour obtenir une carte d’identité. Quand elle la reçoit, les trois prénoms secondaires – Jeanne, Jérôme, Ysé – qui entourent son prénom lui sautent à la figure: ça fait trente ans qu’elle vit entourée de ces noms mystérieux que personne, dans une famille où on ne parle pas et où, en retour, toute question sur le passé rencontre un haussement d’épaules énervé, un silence prolongé ou des réponses évasives, n’évoque jamais, les laissant là comme des signifiants opaques dénués de tout signifié, masses sonores épaisses, mystérieuses et un peu incongrues.