Echos du tragique
„Habiter le temps“ de Rasmus Lindberg au Grand Théâtre
Dans „Habiter le temps“, trois drames relationnels qui se déroulent à trois époques différentes sont joués conjointement sur scène. Réflexion intelligente sur la pérennité du dysfonctionnement relationnel et de la difficile émergence de la vérité dans les tragédies familiales, la pièce gagne encore en profondeur dans sa mise en scène dynamique, brillamment chorégraphiée, de Michel Didym.
Trois récits sur trois niveaux temporels différents: une séance thérapeutique et deux disputes conjugales Photo: Eric Didym
Elles sont trop rares, ces fictions qui donnent à sentir que la forme choisie pour raconter une histoire n’est jamais innocente, qu’elle détermine même l’histoire narrée et, a fortiori, le réel qu’on se forge. Alors que la plupart des fictions se contentent d’une narration ou bien linéaire avec quelques retours en avant et en arrière plus ou moins dynamiques ou alors éclatée – et c’est au lecteur ou au spectateur de rapiécer la chronologie –, peu nombreuses sont ces histoires qui mettent en avant notre rapport au temps en bousculant les codes classiques de la narration.