L’histoire du temps présent
Gestapiste luxembourgeois
Le 28 mai est paru „La justice belge, les bourreaux allemands et la Shoah“. Dans ce livre, il est question de victimes, de bourreaux et de gens qui furent à la fois l’un et l’autre. Il est aussi question de Luxembourgeois, principaux protagonistes de l’un des chapitres.
L’histoire tragique de Jeanne Salomon fut le fruit d’une double trahison: celle d’un compatriote et celle d’un coreligionnaire Photo: privée
Jeanne Salomon a quitté le Luxembourg pour Bruxelles en août 1940. Elle avait alors 28 ans, elle était Luxembourgeoise et juive et n’avait plus sa place dans un pays qui, de toute manière, avait cessé d’exister depuis qu’un Gauleiter y avait été nommé. Le Luxembourg faisait désormais partie du Reich national-socialiste. Bruxelles était elle aussi occupée par les Allemands, mais la métropole, trois fois plus peuplée que le petit Grand-Duché, garantissait au moins un certain anonymat à ceux qui avaient intérêt à passer inaperçus. Deux mois après son arrivée dans la capitale belge, Jeanne était rejointe par son mari, Bernard Ingwer et son beau-frère, Willy Ingwer.