Danse
Enjeux de mémoire
Art physique et éphémère, qui engage le corps et l’espace tout entier, la danse a du mal à franchir la barrière du temps si elle ne recourt pas à l’écrit. Le Centre national de la littérature encourage les chorégraphes à décrire leur approche et à conserver les traces écrites de leur travail.
Bernard Baumgarten garde précieusement les carnets de notes de ses chorégraphies Photo: Editpress/Julien Garroy
„Writing about dance is probably one of the most challenging things to do. Why use words when bodies in space reflect so much better what the world seems to you?“ En introduction de ses „Choregraphical talks“ qui viennent de paraître, la chorégraphe Léa Tirabasso ne cache pas le doute qui fut d’abord le sien quand le Centre national de littérature (CNL) lui a demandé de coucher par écrit son approche de la danse. Cette franchise rappelle que le chorégraphe, comme le spectateur, peut rencontrer des difficultés à mettre des mots sur la performance qui les réunit. Comme si la beauté de la danse résidait justement dans cette économie de paroles, dans une expérience physique et directe.