Film
Des vies naufragées
Entre un film crépusculaire au nombrilisme autoréférentiel archaïque, une satire (pas assez) mordante mais assez nuancée sur la crise migratoire, l’échec de la politique européenne et le cynisme de la politique et un long-métrage documentaire sur le quotidien difficile de deux personnes qui cherchent à fuir le Nigeria, les trois films de la semaine sont diversifiés – et de qualité inégale.
Gérard Depardieu, Benoît Poelvoorde
C’est l’histoire de Jules Mauguin, un acteur archiconnu, égocentrique, caractériel, un peu las de la vie, qui se nourrit de vodka, de misanthropie, d’un reste d’amour et de tendresse, et qui s’est laissé aller au point d’être devenu une version difforme, monstrueuse de lui-même – bref, c'est un peu l’histoire de Gérard Depardieu jouée par Gérard Depardieu que l’on voit, dans „Les volets verts“ de Jean Becker, un long-métrage qui raconte, un peu comme „Leaving Las Vegas“ de Mike Figgis, les derniers jours d’un homme qui, par dépit, flemme existentielle, parce qu’il ne croit plus en grand-chose, se tue en buvant comme un trou jusqu’à ce que mort s’ensuive.