Hip-hop
Déconstruction du genre: le rap féministe de BigMama
Le rap a longtemps été un genre masculin. Pourtant, en Italie, les rappeuses sont de plus en plus nombreuses. BigMama, jeune artiste dont le premier LP „Sangue“ est sorti en mars dernier, s’inscrit dans une vague néo-rap féminin. Et féministe. Focus.
Chez BigMama, les mélodies sont douces et les mots „amers“
A la fin des années 2010, le rap qui cartonne en Italie n’est pas forcément devenu de la pop, mais la pop qui cartonne s’appelle désormais rap. Cette musique, souvent très masculine, doit une belle partie de son succès à une femme: Paola Zukar. D’une, elle a publié, en 2017, l’énorme livre de référence „Rap – Una storia italiana“; de deux, via sa société Big Picture, Zukar est la manager des stars Fabri Fibra et Marracash, mais aussi de Madame. Androgyne dans l'âme, cette dernière ne singe pas les mâles et, pour cette raison, certains pourraient estimer que le rap n’est pas son genre, que Francesca Calearo, de son vrai nom, fait avant tout de la pop. Mais non. Depuis des années, post-modernisme oblige, il n’existe plus qu’un seul „genre“ de musique, de même qu’il n’y a plus de musique „de genre“: c’est un principe, aussi bien qu’un fait, le rap appartient tout autant aux femmes qu’aux hommes.