La danse des peintures
Claude Monet et Joan Mitchell à la Fondation Vuitton
Réunir deux monstres sacrés de la peinture, le peintre français Claude Monet (Paris, 1840 – Giverny, 1926), ses œuvres tardives, réalisées à Giverny, et l’artiste américaine Joan Mitchell (Chicago, 1925 – Paris 1992), les siennes réalisées principalement à Vétheuil, en France, dans une maison surplombant celle de Monet, fait de ce moment une correspondance des cieux, un partage des perceptions, par-delà les époques.
Joan Mitchell, La Grande Vallée, 1983, Huile sur toile, 260.4 x 200 cm, Fondation Louis Vuitton, Paris © The Estate of Joan Mitchell, © Primae / Louis Bourjac
La visite se décline par thèmes, en faisant se côtoyer les œuvres de Claude Monet et de Joan Mitchell, dans des accords vertigineux. Il y a là l’essence même de la peinture. Une informulable perception, un éblouissement, un rythme qui n’appartiennent qu’à eux. Par les scansions des espaces ouverts, nous assistons, médusés, à une danse où l’âme est mise à nu, dans la couleur et l’audace de la perception. Prenant appui sur les déclarations de Joan Mitchell, qui disait aimer le Monet de la fin, l’exposition nous offre ce rendez-vous de l’„impression“ selon Monet, et des „feelings“ selon Mitchell, la nature devenant la source de l’œuvre. Et même si Mitchell fait partie des expressionnistes américains, les intitulés de ses œuvres se réfèrent à des anthologies de la nature, qu’il s’agisse de champs ou de jardins.