Musique contemporaine
Claude Lenners consacre un cycle aux insectes
Le compositeur Claude Lenners présente ce soir à Neimënster „Hôtel à insectes“, un cycle de 24 partitions avec des textes en 24 langues différentes pour soprano, clarinette et guitare. Cette œuvre polysémique se prête aussi bien aux considérations littéraires qu’aux discussions scientifiques.
Claude Lenners Photo: Yves Kortum
C’est par la musique de chambre plutôt qu’une musique d’ascenseur que Claude Lenners fera entrer les auditeurs dans son „Hôtel à insectes“ ce soir à Neimënster, à l’invitation de l’Institut Pierre Werner. Les origines de ce cycle remontent au début des années 80. Alors étudiant à Strasbourg, Claude Lenners lit le recueil de poèmes de Lambert Schlechter „La Muse démusulée“. Il y est saisi par un poème qui décrit les insectes en „voyelles ambulantes“ qui „vont sans cesse nulle part/vont sans nord/et sans date“ dont les antennes „sondent les astres mieux que nous“. Pour que ces mots fassent rêver le jeune musicien au point de le décider à les mettre en musique, il aura fallu qu’adolescent, il voue une fascination pour les insectes en général, et les fourmis en particulier, impressionné qu’il fut „par leur organisation, pareille à celle d’un Etat“. „Sauf que si on comparaissait, ce serait un Etat comme la Corée du Nord; tellement c’est sévère chez eux, avec des fourmis qui n’ont aucun droit et ne font que du travail de mise en place des œufs“, précise-t-il.