Film
Cellules chimériques: „Saint Omer“ d’Alice Diop
Coécrit par Marie Ndiaye et Amrita David, réalisé avec un sens de la suggestion rare, „Saint Omer“ est un film à la poésie méticuleuse sur un fait divers horrible qu’il cherche moins à élucider qu’à entourer d’hypothèses, de mettre en scène dans son opacité même tout en multipliant les couches de sens.
Guslagie Malangi joue l’impassible Laurence Coly, contrepartie fictionnelle de Fabienne Kabou, accusée d’avoir tué son enfant de 15 mois Photo: Laurent Le Crabe
Il est curieux comment un simple mot peut déterminer du sort et de l’existence d’un projet. Dans un entretien avec Libération, Alice Diop dit que son étrange obsession pour ce fait divers horrible qui est au centre de son film, à savoir le meurtre énigmatique, inexpliqué et inexplicable, d’une jeune enfant de 15 mois par sa mère, a commencé avec un article de la chroniqueuse au Monde Pascale Robert-Diard, qui vient elle-même de signer „La petite menteuse“, un premier roman se déroulant lui aussi lors d’un procès juridique, finaliste de bien des prix littéraires et qu’on avait recensé il y a quelques semaines.