Bande dessinée
Avec Bella Ciao, Baru retrace l’odyssée des ouvriers italiens
A travers une série de tableaux tantôt tragiques, tantôt tendres, qui maturent en lui depuis trois décennies, Baru rappelle aux immigrés italiens le prix payé par leurs ancêtres pour qu’ils ne le fassent pas payer aux nouveaux venus. Depuis les cités de Sainte-Claire à Thil qui l’ont vu grandir, le dessinateur de 73 ans adresse un message universel nécessaire.
Un rappel à l’ordre des souffrances endurées par les immigrés italiens qui commencent dans les salines d’Aigues-Mortes Source: Baru/Futuropolis
„Bella Ciao“, c’est la communauté qui chavire et s’époumone dès les premières notes. C’est la lutte promise dans ses paroles à qui s’en prend à la liberté. Mais c’est aussi et encore un formidable quiproquo sur les origines d’une chanson de lutte que Baru se plaît à raconter, dans un échange savoureux entre son personnage Teodorico Martini et son cousin qui nous emmène dans les rizières de la plaine du Pô. Celui donne l’occasion au cousin anthropologue d’expliquer le concept de „mauvaise attribution“. Il ne peut que plaire à Baru dont les souvenirs des siens et de la vie entre Thil et Villerupt s’enchevêtrent tellement qu’il ne sait plus toujours s’il a vraiment vécu un fait et quand.