France
Une réforme électorale rejetée par les Kanaks embrase la Nouvelle-Calédonie
La Nouvelle-Calédonie, territoire d’outre-mer français d’un peu moins de 19.000 kilomètres carrés et d’environ 300.000 habitants, situé en Océanie et en mer de Corail, à quelque 17.000 kilomètres de la Métropole, et doté d’un statut particulier qui lui confère une autonomie poussée, est de nouveau en proie, depuis le début de la semaine, à de graves troubles. Des troubles qui ont déjà fait au moins quatre morts par balles, et viennent réveiller de douloureux souvenirs vieux de plusieurs décennies.
Le conflit en Nouvelle-Calédonie se joue aussi entre les autochtones et les Français de souche Photo: AFP/Delphine Mayeur
Des souvenirs qui renvoient à ce que l’on appelle pudiquement à Nouméa, la métropole régionale, „les événements“, en fait une série d’affrontements entre les indépendantistes kanaks, autrement dit les héritiers de la population autochtone de l’archipel avant l’arrivée des Britanniques, qui laissèrent la place aux Français en 1853, et les forces de l’ordre. Et cela dans un climat qui allait vite devenir, à la fin des années 1980, quasi-insurrectionnel, et culminer dans le drame de la prise d’otages de gendarmes et d’Européens par les Kanaks dans la grotte d’Ouvéa, opération qui donna lieu à un sanglant assaut en 1988.