France
Paris se prépare pour l’arrivée du pape
En tournée hexagonale pendant quatre jours, le souverain pontife passe les deux prochaines journées dans la capitale française. Le centre de Paris se trouve ainsi bloqué.
Un comité d’acceuil particulier attend le pape devant la cathédrale Notre-Dame de Paris Photo: Lou Benoist/AFP
La dernière escapade parisienne du pape remonte désormais à 18 ans. En 2008, Benoît XVI à l’époque est reçu à l’Elysée par Nicolas Sarkozy, et sermonne ensuite les idolâtres de l’argent et du pouvoir lors de la messe célébrée sur l’esplanade des Invalides devant plus de 200.000 fidèles. Pour la visite de Léon XIV, les chiffres d’affluence ont été revus à la hausse. En grandes pompes, la messe se tiendra sur la place de la Concorde et s’étendra tout au long des Champs-Elysées devant une foule attendue de 600.000 fidèles. Un dispositif de sécurité „exceptionnel“ serait mis en place selon le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Ce dispositif surveillera tout particulièrement les 200.000 personnes venues pour apercevoir la papamobile lors de la déambulation papale prévue ce vendredi. A cet effet, la préfecture de police a confectionné un périmètre de protection autour du tracé de la papamobile, interdisant toute circulation pendant la journée. Au total, 14.000 policiers seront mobilisés pour assurer la surveillance.
La fille aînée de l’Eglise face à ses pairs
Le pape ne cesse de s’opposer aux idéologies racistes de l’extrême droite et de dénoncer l’instrumentalisation du vote catholique. L’affaire révélée par Le Canard enchaîné en est une illustration: l’hebdomadaire satirique a publié, la semaine dernière, la vidéo d’une messe à Carcassonne, au cours de laquelle un aumônier militaire a tenu un discours aux relents lepénistes. Les propos tenus dans cette église entrent en opposition avec la ligne humaniste que défend le pape actuel. Au grand dam des partis d’extrême droite, pour lesquels l’électorat catholique sert de base identitaire. En point d’orgue de ces différends se trouvent leurs appréciations respectives du concept de laïcité que son prédécesseur, le pape François, avait déjà évoqué lors de sa visite en Corse en décembre 2024. Inscrit dans le premier article de la Constitution, ce terme flou reste un sujet clivant dans la société. Le pape soutient alors une conception plus „dynamique“ de la laïcité, respectant ainsi la liberté de conscience au sein de l’espace public, face à une laïcité „statique“ et soutenue par les politiciens d’extrême droite pour justifier leur islamophobie. Ces vues divergentes seront évoquées lors des discours du souverain pontife à l’Unesco ce vendredi, et lors de la messe de samedi après-midi.
Une divergence qu’il n’a pas oublié de souligner lors de l’organisation de sa visite dans la capitale. Samedi matin, avant la grande messe en plein centre de Paris, Léon XIV prévoit de visiter la Maison Bakhita. Situé loin des fioritures extravagantes des Champs-Elysées, dans le 18e arrondissement, ce centre d’accueil a été créé par la volonté du pape François, afin d’apporter une aide sans condition aux personnes marginalisées.
Après la grande messe, le pape reprend le cours de son voyage apostolique. Il quittera la Ville lumière pour atterrir à Lourdes le dimanche et visitera Metz le lundi 28 septembre. En présence, entre autres, du couple grand-ducal du Luxembourg, il prononcera un discours sur „les racines de l’Europe pour la paix et l’unité“ avant de rendre hommage à un père fondateur de l’Union européenne, Robert Schuman. A l’aube des élections présidentielles, la question que posait le pape Jean-Paul II dans son homélie en 1980 reste d’actualité: „France, fille aînée de l’Eglise, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême?“