France

Début des débats sur le dernier budget de l’ère Macron

Mardi 13 octobre, à l’Assemblée nationale, les députés ont commencé l’examen du budget 2027. En cette première journée de débat, le gouvernement échappe à une motion de rejet préalable du projet de loi de finances. Visant un déficit de 5% du PIB, il présente un texte qui divise l’Assemblée.

Philippe Juvin (Les Républicains) et rapporteur général de la commission des finances a pointé du doigt l’augmentation de la dette publique de 40 milliards d’euros

Philippe Juvin (Les Républicains) et rapporteur général de la commission des finances a pointé du doigt l’augmentation de la dette publique de 40 milliards d’euros Photo: Thomas Samson/AFP

Les budgets ne passent plus le vote de l’Assemblée dans la „France à Macron“. Pour la cinquième année consécutive, le projet de loi de finances pourrait être imposé par le gouvernement aux députés via l’article 49.3. Malgré des heures de discussions et des amendements venus de la droite et de la gauche, le texte présenté en commission des finances avait quasiment été rejeté à l’unanimité. Au final, c’est le texte initial du gouvernement qui est soumis aux députés.

À l’extrême droite, la députée du Rassemblement national Sophie-Laurence Roy se contente de qualifier le texte de „mauvais“, avant que son parti ne vote contre la motion de rejet déposée par le Parti socialiste. Le reste de la droite déplore encore les dépenses prévues dans le budget. „En 2027, la dépense publique augmentera de 40 milliards d’euros“, a martelé le député Les Républicains, Philippe Juvin, rapporteur général de la commission des finances, face aux députés. Le recul des dépenses publiques est au centre de la politique proposée par le gouvernement. „L’objectif est de faire contribuer tout le monde à cet effort“, avait expliqué le ministre de l’Économie, Roland Lescure, à la même tribune quelques minutes plus tôt.

Par rapport à 2026, le budget prévoit de réduire les dépenses publiques de 0,2 point de produit intérieur brut (PIB), de 57,1% à 56,9%. La hausse des dépenses provient en partie de la charge de la dette qui, selon Le Figaro, devrait augmenter de 12 milliards d’euros pour atteindre 91 milliards l’an prochain. Roland Lescure assure être prêt à faire des „efforts“ et des concessions.

Les efforts de… qui?

L’opposition dénonce les mesures d’austérité que contient le texte. L’écologiste Eva Sas reproche au gouvernement de „s’entêter dans une politique de l’offre qui [les] a mis dans le mur“. La justice fiscale y serait inexistante selon les députés de l’opposition. „Comment peut-on demander tant d’efforts, mais si peu aux grandes fortunes?“, s’interroge pour sa part le député socialiste Mickaël Bouloux. Le texte ne prévoit pas de contribution supplémentaire des plus aisés, qui sont ignorés. Dans un récent papier pour Alternatives économiques, l’économiste Michaël Zemmour montre que les ménages les plus fortunés ne seront pas touchés par ce budget. Les ménages les plus modestes feront donc le plus d’efforts pour réduire les dépenses publiques. En parallèle, les rares secteurs à voir leurs moyens augmenter significativement sont la défense (+6,5 milliards d’euros) et le ministère de l’Intérieur (+1 milliard).

Pour sa défense, le ministre des Comptes publics, David Amiel, explique que les dérives budgétaires seraient dues à une „machine infernale“ et au „contexte international, politique et économique“. Ce macroniste de la première heure reste persuadé de sa solution et assure que le texte „propose de réduire le déficit“. Omettant ainsi que les prévisions de déficit ne sont pas respectées pour cette année. „Des économistes indépendants ont ouvert les livres de Bercy, pour établir de manière objective les perspectives pluriannuelles pour nos finances publiques“, a-t-il expliqué à l’Assemblée. Depuis l’élection d’Emmanuel Macron en 2017, la dette publique en pourcentage du PIB est passée de 97% à plus de 119%.

Le député „La France Insoumise“ Eric Coquerel, président de la commission des finances, dénonce également un „catastrophisme pour légitimer une casse sociale“. Ce dernier est plus mesuré concernant la dette française et rappelle que la charge des intérêts de la dette, actuellement à 2,2% du PIB, reste inférieure lors de la période 1996-2013.

Au vu des marges de manœuvre dont l’opposition disposait, elle a préféré déposer une motion de rejet préalable. Ce qui pour la droite est un „déni démocratique“, n’est qu’une suite logique des derniers budgets pour la gauche. La partie „recettes“ devrait être débattue et amendée jusqu’à la fin du mois avant un vote dont l’issue semble plus qu’incertaine.

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