Offener Brief
René Kollwelter fordert Bürgermeister Georges Mischo zum Rücktritt auf
Der ehemalige LSAP-Abgeordnete und Staatsrat René Kollwelter hat den Escher Bürgermeister Georges Mischo (CSV) in einem Brandbrief zum Rücktritt aufgefordert. Der 70-Jährige spart nicht mit seiner Kritik und geht dabei vor allem auf die fehlerhafte Führung bei der Kulturhauptstadt Esch2022 und die aktuelle Problematik der Wohngemeinschaften ein.
Kein gutes Haar lässt der ehemalige LSAP-Abgeordnete und Staatsrat René Kollwelter am Escher Bürgermeister Foto: Editpress/Didier Sylvestre
„Herr Bürgermeister, nehmen Sie Ihren Hut!“ Bereits im ersten Abschnitt macht der ehemalige LSAP-Abgeordnete klar, dass Wut nicht ausreicht, um seinen Gemütszustand angesichts Mischos Politik zu beschreiben, er habe beinahe das Bedürfnis, zu kotzen. Er wirft dem Escher Bürgermeister parteiische, revanchistische und ideologische Verblendung vor. Auch würde Mischo durch seine angebliche Nähe zum „Immobilien-Milieu“ die soziale Realität auf dem Wohnungsmarkt verkennen.
Die Vorwürfe reichen weiter bis zur Kleingeistigkeit angesichts der Herausforderung, die eine Universitätsstadt bedeutet, und zur Rückschrittlichkeit im Angesicht gesellschaftlicher Entwicklungen. Laut Kollwelter hat Mischo den Wechsel ins 21. Jahrhundert verschlafen und schaue nur in seinen „ideologischen Rückspiegel“.
Der gesamte Brief im Original.
M. le bourgmestre, „prenez votre chapeau!“
Oui je suis en colère contre vous, alors que je vous ne connais pas personnellement et que, par ailleurs, je ne suis absolument pas motivé de faire votre connaissance.
Mais vos actes politiques récents ne me mettent pas seulement en colère, mais j’ai presqu’envie de vomir.
Je pourrais relater la nullité de vos actes politiques dans le cadre de l’événement „Esch, capitale européenne de la culture 2022“. Sachez que dans le pays vous vous êtes discrédité, dans ce contexte, pour avoir pris des positions uniquement guidées par un aveuglement partisan, revanchard et idéologique à trois sous.
Mais passons.
Maintenant vous vous en prenez aux formes de cohabitation appelées „colocations“, ou mieux, en allemand, „Wohngemeinschaften“. Je conçois que votre proximité directe avec des milieux de l’immobilier vous empêchent de voir la réalité sociale sur le plan du logement qui existe dans notre pays, et certainement également à Esch.
J’ai suivi en détail les discussions publiques ad hoc récentes, et je me permets de vous faire part de mes considérations:
Arrêtez de vous faire guider dans vos prises de position par des motivations purement idéologiques, voire même intégristes: Depuis le premier passage du CSV dans l’opposition, au milieu des années 70, le monde a changé pour beaucoup de personnes, mais apparemment pas pour vous. Vous reprenez en fait des positions de vos ancêtres, à Esch et ailleurs. Mais dormez tranquillement: votre cardinal va sûrement vous donner l’absolution.
Alors qu’à l’époque de nouvelles formes de cohabitation étaient surtout motivées par des considérations idéologiques, issues notamment du mouvement de mai 68, de nos jours, crise de logement oblige, elles ont la plupart du temps des raisons sociales et économiques.
Monsieur le bourgmestre, je vous donne un conseil: changez de lunettes pour mieux apprécier la réalité sociale de votre ville, voire de notre pays. Etes-vous au courant que pas tout le monde a le privilège de cumuler trois revenus à la fois, comme vous le faites: bourgmestre, député (certes inexistant), et „Turnproff“ retraité ?
Pourquoi vous obstinez-vous à aller à l’opposé d’une évolution, la colocation, qui existe depuis les années 70 et qui est, notamment, aujourd’hui, une réponse parmi d’autres, pour lutter contre le renchérissement des logements? Mais peut-être pouvez-vous faire valoir, dans le domaine du logement, d’autres initiatives, particulières pour la ville d’Esch. Je constate que sur ce plan-là vous êtes d’une discrétion voire d’une inactivité consternante qui en dit long sur la véritable motivation de vos actes.
Je constate, sans véritablement comprendre, que vos alliés politiques à Esch, les Gréng et le DP, vous suivent aveuglément dans votre démarche. Quels opportunistes! Comment peut-on à tel point renier les valeurs fondamentales à la base de la création de leur mouvement, les Gréng notamment?
Muck, Félix, mes amis! Revenez vite, ils sont devenus fous …
Si j’ai bien compris, vos alliés en question vous soutiennent s’il s’agit d’instaurer à Esch une nouvelle „police des mœurs“, car dorénavant il faudra contrôler qui couche avec qui, et qui habite avec qui, pour appliquer votre nouvelle réglementation.
Monsieur le bourgmestre: êtes-vous conscient que vous dirigez une ville qui a toujours été à la pointe du progrès social au Luxembourg?
Etes-vous au courant que Esch est devenue une ville universitaire, susceptible de faire preuve d’ouverture d’esprit ou, comme le déclame le slogan de Radio France Culture „l’esprit d’ouverture“, et qui a toujours guidé les institutions universitaires en Europe, à l’exception apparemment les études de „Turnproff“. C’est une honte pour notre pays que sa seule ville universitaire soit dirigée par une personne qui manque visiblement de vision, de hauteur d’esprit, qui ignore les réalités sociales et économiques, qui est prisonnière d’intérêts immobiliers qui lui sont proches, qui est obnubilé par des considérations rétrogrades et intégristes et qui ne fait que regarder dans son rétroviseur idéologique.
Monsieur le bourgmestre: vous êtes-vous déjà aperçu que depuis 20 ans nous avons changé de siècle?
Jetez un regard dans votre vestiaire. Peut-être allez-vous y trouver un chapeau qui a déjà servi dans la famille. Prenez-le svp!
Les citoyens du pays qui sont inquiets pour Esch2022 et les nombreux colocataires de votre ville et d’ailleurs vous remercieront.
Esch aujourd’hui: quelle tristesse! Quelle honte!
René Kollwelter