L’histoire du temps présent
La révolution copernicienne de la nationalité luxembourgeoise – L’impact des lois de 2008 et de 2017 (II)
Le droit de la nationalité représente un principe d’organisation central de la vie politique. Il „exprime de façon institutionnelle la prérogative étatique d’inclusion et d’exclusion; il décrit ceux pouvant revendiquer le droit à un passeport, et seuls ces derniers bénéficient de l’intégralité de l’appareil de droits et de privilèges que l’Etat accorde à ses citoyens“.1)
Photo: archives Editpress
Dans la deuxième moitié du 20e siècle, le Luxembourg disposait d’un droit de la nationalité restrictif et doublement exclusif. Il était exclusif à l’égard des immigrants. Comme d’autres nations à logique ethnoculturelle, par exemple l’Allemagne de l’Ouest, ce droit attribuait la nationalité principalement par le biais de la descendance (droit du sang) et la naturalisation était rendue difficile. Voilà pourquoi le Luxembourg présentait avant 2004 dans l’Union européenne des Quinze le taux le plus bas de naturalisation (0,5%). Voilà pourquoi une personne naturalisée mettait 15 ans avant d’être naturalisée Luxembourgeois (moyenne UE-15: 10 ans). Voilà pourquoi seulement 10% de la première génération d’immigrants (immigrants nés à l’étranger) devenaient des citoyens luxembourgeois (moyenne UE-15: un tiers).